«J'aime mieux attendre la confirmation de M. Juneau avant de m'avancer mais ce n'est pas vrai que nous avons gaspillé deux ans de préparation. Nous continuons d'aller de l'avant avec notre reconstitution car nous voulons encore commémorer cette bataille», confiait hier Horst Dresler de Woodstock, au Vermont, qui est à la tête du Corps historique du Québec. «Si on ne peut pas le faire sur les plaines d'Abraham, on le fera ailleurs, probablement pas au Québec, mais peut-être en Ontario. Ce ne sera pas aux États-Unis car c'est de l'histoire canadienne qu'il est question. C'est ce qui a façonné ce que nous sommes», explique cet ex-résidant de Bedford, en Montérégie.
Horst Dresler, qui a souvent interprété le général Wolfe dans de précédentes reconstitutions, s'est dit surpris de la réaction populaire. «Nous avons fait des reconstitutions à Québec en 1994, en 1998 et en 2004 et nous n'avons jamais eu de problème. L'an dernier, nous avons reconstitué le deuxième siège de Louisbourg. Les Acadiens et les Micmacs étaient là et il n'y a pas eu de problème.»
Extrémistes
Le leader du Corps historique du Québec attribue la bisbille au Réseau de résistance du Québécois. «Ce sont des extrémistes qui ont donné de fausses informations et les médias les ont crus! Ce sont eux qui ont sorti le mot «célébration» car nous, nous ne l'avions jamais utilisé.»
M. Dresler maintient que c'était son organisme de reconstitution historique, et non le gouvernement canadien ou la CCBN, qui était l'instigateur de la commémoration. «Nous avons commencé ça il y a cinq ans à Pittsburgh et nous avons reconstitué 11 événements depuis.»
Il avoue que le tumulte autour de la bataille des plaines d'Abraham le fait douter de la possibilité de réaliser une reconstitution de la capitulation de Montréal en 2010 afin d'en souligner le 250e anniversaire.
«Je doute que ce soit possible. S'il y a encore un tumulte comme ça, ça n'aurait pas de sens de faire deux ans de planification pour nous retrouver au même point.»
«Champlain» déçu
Quant à Réginald Gagnon, membre de la Compagnie des Canonniers-Bombardiers de Québec et bien connu pour avoir interprété Samuel de Champlain durant le 400e anniversaire de Québec, il s'est dit déçu de l'annulation de la reconstitution, une première dans l'histoire de son organisme. «Le 250e anniversaire d'un événement, ça n'arrive qu'une fois!», a-t-il déclaré d'entrée de jeu.
«Par contre, je comprends que 90 % des reconstituteurs sont des Américains et que, s'il s'était produit quelque chose de fâcheux, ça aurait été très malheureux pour le Québec. Il n'aurait fallu qu'un seul illuminé...», conclut-il.














