«Nous avons écouté ce que les gens disaient sur certains éléments de la programmation qui ont fait monter la tension. Il est maintenant évident que la commémoration de la bataille de 1759 ne peut pas se faire dans un système standard de reconstitution car il y avait un élément de risque important», a déclaré M. Juneau samedi lorsque joint par Le Soleil.
Il souligne l'importance d'assurer la sécurité pour justifier l'abandon de la reconstitution. «Nous ne sommes pas un organisme débranché au point de ne pas voir ce qui se passe! Il y a eu des menaces générales lancées envers le gouvernement fédéral et la Commission», indique-t-il.
Bal masqué
Par contre, le bal masqué qui devait faire partie des activités de commémoration aura bel et bien lieu même si plusieurs avaient décrié son caractère festif.
«Mardi, nous allons expliquer en détails pourquoi nous avons prévu un bal masqué. C'était pour dépeindre la société qui vivait à Québec avant l'arrivée des Britanniques. L'idée de caractère festif, on est capable de démolir ça rapidement car il n'y a jamais eu d'intention de faire une fête. On connaît la tragédie, nous sommes tous des Français», poursuit-il.
Concernant la bataille, M. Juneau a tenu à souligner que, contrairement à ce que plusieurs avançaient, d'autres pays font des reconstitutions de batailles qui ont été perdues, comme par exemple celle de Waterloo.
«Par contre, je conviens que ce sont des défaites qui n'ont pas eu d'impact à long terme sur le pays concerné, contrairement à la bataille des plaines d'Abraham», explique-t-il.
André Juneau a avoué qu'il savait dès le départ que son organisme jouait sur un terrain sensible. «On a mal évalué la sensibilité des gens à cet événement et, ensuite, la politique s'en est mêlée et c'est devenu une affaire antifédéraliste», poursuit-il.
En point de presse au Tournoi pee-wee de Québec, le premier ministre Jean Charest approuvait la décision de la CCBN. «Ils ont laissé entendre qu'ils allaient revoir leur décision et c'est une bonne idée de revoir leur décision», a-t-il commenté. Celui qui a été l'un des premiers à se dissocier de l'événement a rappelé que la commémoration ne l'avait jamais attiré. «Ça ne nous a pas paru comme un événement qui était intéressant pour nous, pour le gouvernement du Québec et, surtout, pour le premier ministre du Québec.»
Il n'a toutefois pas voulu qualifier de dangereuse la commémoration. «Je n'ai pas eu ce sentiment-là. Mais j'ai noté avec regret, comme d'autres Québécois, qu'il y a des gens malheureusement qui font ces dérapages-là. Quand ça arrive, il relève de notre responsabilité de dénoncer ces débordements», conclut-il.
Avec la collaboration de Jean-François Tardif














