En point de presse avant de prononcer sa conférence, Patrick Bourgeois du RRQ a montré du doigt le PQ à plusieurs reprises, l'accusant de mollesse dans le dossier de la reconstitution et donnant à son organisme tout le crédit du recul de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN).«Qui a gagné la première manche? C'est nous autres car, au début, le PQ ménageait la chèvre et le chou», a déclaré Bourgeois, concédant tout de même que le PQ et le Bloc québécois s'étaient tenus debout relativement aux déclarations du président français Nicolas Sarkozy.
«On ne peut pas gagner sur toute la ligne, mais il faut démontrer un rapport de force. Nous, on continue avec notre approche confrontationnelle», poursuit Bourgeois, qui espère que la démarche de son groupe donnera des idées au parti de Pauline Marois.
«Nous nous sommes tenus debout face à la reconstitution de 1759 et nous avons marqué des points. J'espère que le PQ allumera à l'effet que sa mollesse des dernières années y est pour beaucoup dans le recul du mouvement indépendantiste. Si le PQ avait joué son rôle de fer de lance, on serait aujourd'hui en bien meilleure position!»
«En un an d'existence, nous avons fait plier le gouvernement canadien avec un discours de confrontation. Dans le mouvement indépendantiste, les choses ne seront plus jamais les mêmes. La stratégie de la main tendue a fait son temps!», a-t-il lancé plus tard dans sa conférence.
Capitulation de Montréal
Bourgeois se réjouissait aussi que l'abandon de la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham sonne le glas d'une reconstitution de la capitulation de Montréal prévue pour 2010.
«J'espère bien que ça ne se fera pas! Ça n'avait aucun sens de reconstituer ces événements durant lesquels les Anglais nous ont forcés à brûler nos drapeaux», poursuit-il. Appelé à s'exprimer après Bourgeois, l'écrivain et historien René Boulanger a pour sa part parlé de la «première victoire du mouvement souverainiste depuis l'accession au pouvoir de Jacques Parizeau».
«Depuis 1995, le mouvement indépendantiste n'a fait aucun gain. Il ne cessait de reculer! Le RRQ a été capable de puiser dans la tradition politique de résistance au Québec», a-t-il commenté.
Les militants du RRQ se donneront rendez-vous demain, à 10h30, à la Maison de la découverte des plaines d'Abraham, où aura lieu la conférence de presse de la CCBN.
Cinq Patriotes
Si le rassemblement du RRQ a réussi à attirer quelques dizaines de militants, le lever du drapeau des Patriotes devant l'hôtel de ville de Québec, organisé à midi par la Maison des Patriotes (MDP), n'en avait attiré que cinq. Devant la faible participation, la marche qui devait précéder l'événement a même dû être annulée. En levant pour la 12e année consécutive le drapeau des Patriotes, Paul Biron, président de la MDP, et son vice-président, Georges-Fernand Poirier, voulaient se souvenir des cinq Patriotes pendus par le pouvoir anglais le 15 février 1839.
M. Biron a d'ailleurs dit ne pas s'offusquer que les groupes de reconstitution historique souhaitent faire revivre la bataille des plaines d'Abraham en Ontario.
«Je les comprends. Pour les Canadiens anglais, c'est à partir de ce moment qu'a débuté le Canada. Nous sommes deux peuples différents. Pour eux, c'est une célébration, pour nous, c'est une honte.»



















