La Commission des champs de bataille cède aux menaces de violence

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250e anniversaire de la bataille des Plaines d'Abraham

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250e anniversaire de la bataille des Plaines d'Abraham

Le 250e anniversaire de la bataille des plaines d'Abraham n'en finit plus de susciter de houleuses passions. »

La Commission des champs de bataille cède aux menaces de violence

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André Juneau en conférence de presse mardi

Le Soleil, Patrice Laroche

Julie Lemieux
Le Soleil

(Québec) La Commission des champs de bataille nationaux cède aux menaces de violence et annule la reconstitution des batailles des plaines d'Abraham et de Sainte-Foy qui devait avoir lieu cet été à Québec. L'organisme fédéral estime qu'il n'avait pas les moyens d'assurer la sécurité des participants et des spectateurs à cet événement contesté.

Le président de la Commission, André Juneau, n'a émis aucun regret et continue de croire que cette reconstitution historique réunissant 2000 figurants était une bonne idée. Mais devant de nombreux journalistes, hier, il a expliqué que la Commission refusait de mettre la sécurité de la population en péril. Des extrémistes ont menacé l'organisme de mettre le feu aux bivouacs des figurants et de semer la pagaille au cours de l'événement. «Il n'y a pas eu de menaces de mort. On ne nous a pas dit qu'il y aurait du sang qui coulerait. Mais il y a eu des menaces importantes. On ne voulait pas que ça devienne un affrontement. Il y en a eu un en 1759 et on ne veut pas en avoir un autre. On se voyait dans une situation où il y aurait pu y avoir une bataille de poivre de Cayenne», a-t-il soutenu.

La Commission a donc préféré revoir ses plans en annulant les événements les plus controversés (et les plus importants) du programme commémoratif du 250e anniversaire des batailles de Québec, dont la reconstitution de la bataille des Plaines. Le grand bal masqué, qui devait imiter le comportement social de l'élite de Québec de l'époque, a aussi été annulé et remplacé par une activité qui illustrera plutôt l'état de guerre qui régnait à Québec à cette date.

Contenu visuel

L'organisme a en outre promis de modifier le contenu visuel des éléments de promotion du 250e anniversaire, qui avait été décrié dans les médias.

«Compte tenu des excès de langage enregistrés ces derniers jours et des menaces faites par médias interposés, nous ne pouvons, en tant que gestionnaires responsables, décider de compromettre la sécurité des familles et des enfants qui pourraient assister à l'événement», a affirmé le président, en ajoutant qu'il s'interrogeait sur la volonté de certains extrémistes de faire appel à la violence pour faire valoir leurs opinions.

M. Juneau s'est bien défendu d'avoir voulu faire de la reconstitution de la bataille des Plaines un «prétexte à la fête» et a soutenu que les contestataires avaient eu une perception erronée des intentions de la Commission. «Nous sommes conscients que c'est une page extrêmement douloureuse de l'histoire. Les «reconstituteurs» avaient même prévu une période de recueillement en mémoire des personnes mortes sur le champ de bataille et des victimes civiles», a-t-il plaidé.

À son avis, le rappel d'un événement comme la bataille des Plaines ne devrait pas être tributaire de la victoire d'un camp ou de l'autre, mais plutôt de son importance dans l'histoire.

Le président a toutefois con­venu que la Commission avait sous-estimé le degré de sensibilité et de susceptibilité de la population face à la commémoration de cette bataille qui a changé la face de l'Amérique. Et il a ajouté qu'il tirait une leçon de cette prise de conscience. Mais il ne regrette rien et a indiqué qu'il avait l'intention de demeurer en poste tant et aussi longtemps que le gouvernement ne lui indiquera pas la sortie.

M. Juneau a soutenu qu'il a tardé à sortir publiquement pour défendre les décisions de la Commission parce qu'il n'était tout simplement pas prêt à le faire en raison de l'agenda chargé de l'année 2008.

Le président a en outre indiqué qu'il n'avait pas l'impression de plier sous la menace des extrémistes, mais plutôt d'agir pour assurer la sécurité des participants et de la population.

Il s'est aussi défendu d'avoir voulu profiter de cette reconstitution historique pour faire la promotion du fédéralisme canadien. «C'était plutôt une pensée logique de dire que si on rappelle toutes les batailles qui nous ont ramenés ici, pourquoi on sauterait la dernière qui est la fin de la guerre de Sept Ans, ici en Amérique, en 1759 et 1760?», a-t-il avancé.

Selon lui, le but de cette commémoration était donc éducatif et visait à montrer à la population comment ces batailles s'é­taient déroulées. «On l'a lu dans les livres, mais là, on l'aurait vu. On ne peut pas être contre le fait de le montrer.»

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