Les deux adversaires politiques ont bien accueilli le fait que la Commission des champs de bataille nationaux - la CCBN - abandonne l'essentiel de son projet pour le 250e anniversaire de la bataille des plaines d'Abraham.
Sam Hamad, le parrain politique de Québec, semble avoir été sensible au fait que la reconstitution de la bataille aurait pu tourner à l'échauffourée, cet été. Il a fait savoir au Soleil qu'il «est important de préserver la paix sociale dans la capitale nationale».
Charest muet
Son patron, le premier ministre Jean Charest, a continué de se tenir loin du débat. M. Charest n'a fait «aucun commentaire» sur le sujet, si ce n'est de répéter qu'il «dénonce les dérapages qui se sont produits autour du dossier», a-t-on laissé entendre.
La députée du Parti québécois, elle, a souligné «qu'enfin, M. André Juneau (le président de la CCBN) a entendu raison.» Mme Maltais a signalé qu'il y a quelques semaines déjà , elle a conseillé de faire disparaître «tout l'aspect festif» du programme.
«M. Juneau a très mal géré un projet très mal ficelé. Même le premier ministre le plus fédéraliste de l'histoire du Québec, Jean Charest, disait que cela n'avait pas de bon sens.» L'élue a accusé M. Juneau de lui avoir menti en lui affirmant, à sa première rencontre, qu'il n'était pas l'instigateur du projet de commémoration.
Le PQ a annoncé que la chicane l'amène à formuler une demande : les plaines d'Abraham doivent être rétrocédées au gouvernement du Québec. Ottawa est responsable des lieux depuis 1908.
«Il est temps que le Québec récupère ce territoire qui est au coeur de la capitale nationale», a indiqué la présidente du PQ de la région, Danielle Gagné. Une résolution à ce sujet sera présentée au conseil national du Parti québécois, en fin de semaine.
La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, s'est montrée satisfaite. «Il était inconcevable de tenir ces événements qui avaient les allures d'une célébration. Il n'y a rien pourtant à célébrer dans une conquête coloniale!»
À Ottawa, le Bloc québécois s'est félicité de l'annulation de la reconstitution de la bataille, mais en blâmant M. Juneau d'avoir voulu en douce mener «une opération de visibilité pour le fédéral visant à célébrer la conquête anglaise».
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