Une offre d'emploi pour recruter un nouveau secrétaire a été publiée mardi dans le site Internet de la Commission, le jour même de la conférence de presse annonçant l'annulation de la reconstitution de la bataille des Plaines à Québec. «C'est vrai que ce n'était pas un très bon timing. On m'a fait des remarques d'ailleurs», a confié mercredi M. Leullier, lors d'une entrevue au Soleil.
Pas prévu
Cet homme de 65 ans, qui dirige la Commission des champs de bataille depuis près de 24 ans, quittera ses fonctions à la fin du mois d'avril. Lorsqu'il a annoncé son départ au gouvernement, en novembre, il n'aurait jamais cru qu'il devrait gérer l'une des plus grandes crises de sa carrière. «Ce qui vient d'arriver n'était pas prévu. Il n'y avait pas d'imbroglio quand j'ai annoncé mon départ. Cette histoire a pris plus d'ampleur qu'on pensait. On s'attendait à des réactions, mais jamais à ce point. Je trouve ça malheureux de partir sur cette note. J'espère que ça se sera calmé d'ici le mois d'avril.»
La population connaît bien André Juneau, qui préside le C.A. de la Commission à titre bénévole et qui agit souvent comme porte-parole de l'organisme. Mais les citoyens connaissent moins Michel Leullier, qui est pourtant le grand patron de la Commission et qui gère ses activités au quotidien.
«Ça fait curieux parce que M. Juneau est président et bénévole. Mais dans le cas du 250e anniversaire des batailles de Québec, on s'est entendu pour que ce soit lui qui prenne la parole parce que je ne serai plus là cet été. Quand on a la chance d'avoir un homme comme lui qui a été maire et qui est à l'aise en public, on lui laisse de la place», explique M. Leullier.
Le directeur sortant ne s'en cache pas : il était l'un de ceux qui croyaient que la reconstitution de la bataille des Plaines était une bonne idée et a poussé pour que cette idée se concrétise. Il croit encore aujourd'hui qu'il y a seulement une minorité de personnes qui s'opposait à cette commémoration. À son avis, les opposants se sont simplement servis d'un «momentum» pour faire dérailler le projet et avoir de la visibilité.
«On ne pouvait toutefois pas prendre de risque avec la sécurité. Dans une situation comme dans l'autre, on était perdant. Mais je ne pense pas que notre réputation sera ternie. C'est un incident de parcours et je pense que les gens ne nous en tiendront pas rigueur», avance-t-il.
Selon lui, la Commission a bien joué son rôle depuis sa formation et M. Leullier ne voit donc pas la pertinence de transférer les plaines d'Abraham au gouvernement du Québec, comme le réclament les souverainistes. Car le fédéral a réussi à conserver ce territoire dans son intégrité au fil des ans, soutient-il. «On ne peut pas demander mieux, car il y a eu beaucoup de pression sur nous pour toutes sortes de projets. J'en sais quelque chose...»
M. Leullier se retirera à sa ferme au printemps. Son successeur sera connu après la fin du concours, le 9 mars.












