Les initiateurs du Moulin à paroles, Biz, Sébastien Ricard et Brigitte Haentjens, dévoilaient leur projet le mois dernier sur les plaines d'Abraham.
Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve
«Ce sont les gens qui décident de se désister qui font du Moulin à paroles un événement partisan», a déclaré M. Mervil en entrevue téléphonique au Soleil vendredi. «Je leur conseille fortement de lire la maxime sur les plaques d'immatriculation du Québec [NDLR : ?Je me souviens?]», a-t-il ajouté.
Dans une sortie virulente vendredi, le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, a reproché aux organisateurs du Moulin à paroles la lecture du manifeste du FLQ. Le ministre dénonce le caractère politique du Moulin et accuse les organisateurs de chercher à faire l'apologie de la haine et du terrorisme, prôné par le FLQ.
Le ministre a affirmé qu'aucun représentant du gouvernement Charest ne participera à cette commémoration du 250e anniversaire de la bataille des plaines d'Abraham.
En conférence de presse en début d'après-midi samedi, à Montréal, le comité organisateur du Moulin à Paroles a défendu son projet et n'a pas l'intention de retirer le manifeste de la FLQ de son programme, soutenant qu'il fait parti de l'histoire du Québec. Les organisateurs exigent des excuses publiques du ministre Sam Hamad.
Non à la censure
M. Mervil considère le Moulin à paroles comme un événement politique. «Le Moulin à paroles est un événement à caractère historique, et le manifeste politique du FLQ fait partie de notre histoire. Je ne vois pas pourquoi je n'aurais pas le droit de le lire. Après tout, la bataille des Plaines qu'on va commémorer est l'événement politique qui fait qu'on fait partie du Canada aujourd'hui», a-t-il fait valoir.
Par ailleurs, l'artiste ne compte pas censurer les passages du texte avec lesquels il n'est pas d'accord. «Je le lirai tel quel. Il
ne faut pas mentir. C'est un portrait de ce que certaines personnes disaient, ressentaient et pensaient à l'époque. C'est comme refuser de parler du génocide nazi parce que ce n'est pas une belle époque de l'histoire», a comparé Luck Mervil.
Le réalisateur André Melançon, un des participants au Moulin, s'élève aussi contre l'attitude du gouvernement Charest. «S'opposer à la lecture de certains textes est une forme de censure», a déclaré au Soleil le réalisateur. «Le manifeste fait partie du parcours du peuple québécois. On ne devrait pas en parle sous prétexte qu'il contient de la violence? C'est complètement ridicule et enfantin», a-t-il mentionné.
La comédienne Tanya Kontoyanni, la femme de Luck Mervil, participera aussi au Moulin à paroles. Elle appuie la lecture du manifeste et la lecture qu'en fera son mari.
«Il ne faut pas renier le manifeste. Qu'on soit d'accord ou non, notre société l'a porté et il a existé. Il fait partie de notre identité», a déclaré Mme Kontoyanni.
«J'espère qu'il lira le manifeste avec beaucoup de fougue», a ajouté la comédienne en parlant de son mari.
Avec Cyberpresse


















