Le comité organisateur du Moulin à paroles a tenu une conférence de presse samedi, en début d'après-midi, pour répondre aux allégations du ministre responsable de la Capitale nationale, Sam Hamad, qui les accusait vendredi de chercher à faire l'apologie de la haine et du terrorisme prôné par le Front de libération du Québec (FLQ).
Lors de ce rassemblement artistique prévu le 12 et le 13 septembre pour commémorer le 250e anniversaire de la bataille des Plaines, le manifeste du FLQ doit être lu parmi une centaine d'autres textes.
La codirectrice artistique de l'événement, Brigitte Haentjens, a précisé que le manifeste en question ne sera «certainement pas retiré».
«Le Moulin à paroles est le reflet de notre histoire, ce manifeste fait parti de notre histoire et ce n'est sûrement pas quelqu'un de l'extérieur qui va nous dire quel contenu doit avoir le Moulin», a-t-elle ajouté.
Esprit rassembleur
De plus, dans une déclaration lue par Mme Haentjens, les organisateurs du Moulin affirment que l'événement représente «une célébration de la parole et des mots du Québec ouverte à tous dans un esprit rassembleur, citoyen et communautaire».
«Les voix de ceux qui liront les textes du Moulin résonneront plus fort que celle des censeurs, de leurs mesquineries, leurs malhonnêtetés et de leurs considérations bassement électoralistes», poursuit la déclaration.
Répondant aux questions des journalistes, Mme Haentjens a précisé que la réaction du gouvernement pourrait être considérée comme de l'intimidation et que cela représentait également une «forme de censure» que de «questionner le contenu d'un spectacle libre et autonome».
Excuses publiques réclamées
Les organisateurs ont à nouveau réclamé des excuses publiques de Québec. «Je refuse de me faire traiter de terroriste à titre personnel et au titre de l'équipe du Moulin à paroles. C'est une allégation mensongère et qui demande réparation», a précisé Mme Haentjens, ajoutant que ces déclarations avaient affecté l'intégrité de l'équipe de bénévoles.
L'attaché de presse du ministre Sam Hamad, Alexandre Boucher, a rapidement laissé savoir, samedi en journée, que M. Hamad ne s'excusera pas pour ses propos tenus vendredi. «La position du ministre était claire hier et elle est maintenue aujourd'hui», a-t-il précisé en entrevue à La Presse Canadienne.
Par ailleurs, la codirectrice a admis que les organisateurs de l'événement attendaient du financement de Québec mais n'a toutefois pas précisé le montant. Elle a également affirmé que si cet argent n'était pas attribué au Moulin à paroles, il faudrait se poser des questions quant au financement accordé, «par le gouvernement de tous les Québécois» à d'autres événements.
Robert Gillet se désiste
Selon Brigitte Haentjens, le comité organisateur n'a pas été ébranlé par les annonces de désistement de certaines personnalités publiques et politiques. Le dernier en liste, l'animateur de radio Robert Gillett, a laissé savoir samedi qu'il désirait adopter une attitude plus neutre par rapport à la controverse. Mme Haentjans a dit qu'au contraire, cela avait donné le goût à son équipe de travailler encore plus fort.
Des textes de Jack Kirouac, Leonard Cohen, Mordecai Richler ainsi que l'hymne national et des extraits du rapport Durham devraient également être lus à l'occasion de la manifestation artistique.















