«Il va falloir que les gens acceptent que ce ne sera pas un spectacle du Cirque du Soleil! Tout ne sera pas réglé au quart de tour!» explique le membre de Loco Locass, soulignant que les participants n'auront eu droit à aucune répétition lorsqu'ils monteront sur scène cet après-midi.
«Ce serait fascinant de savoir comment ça se serait passé si nous avions passé la dernière semaine à travailler sur le projet plutôt qu'à répondre aux journalistes. Nous n'avons pas eu le temps de travailler correctement le corpus, alors il y aura une part de flottement au niveau logistique», explique-t-il.
Changements
«Il y a eu des changements depuis le début. On pensait faire quatre blocs de six heures, mais finalement il y aura plutôt trois blocs de sept ou huit heures. On va chronométrer le premier cycle et on va se rajuster pendant la nuit afin de pouvoir, idéalement, terminer à 15h dimanche», enchaîne-t-il.
Bref, à la lumière des expériences tentées durant la nuit, certains segments du spectacle pourront être écourtés afin de ne pas dépasser une durée de 24 heures.
«La façon de procéder sera un feu roulant : un texte après l'autre. Un maître de cérémonie dirigera la soirée et avant chaque segment, lira certaines interventions afin de mettre les textes dans leur contexte historique. Il n'y aura aucune pause entre les cycles. Comme un moulin qui tournerait tout le temps si on ne l'arrêtait pas!» indique Sébastien Fréchette.
La scène sera minimaliste, utilisant un micro et les installations du kiosque Edwin-Bélanger, et aucune estrade ne sera mise en place. «On utilisera l'amphithéâtre naturel, les gens amèneront leurs couvertures et leurs chaises de parterre et pourront pique-niquer sur place. Ce sera très relax, il n'y aura pas de bouffe, pas de souvenirs, pas de bébelles», poursuit-il.
Foule incertaine
Biz a toutefois beaucoup de difficulté à prévoir combien de personnes assisteront à l'événement, mais s'attend tout de même à ce que le public diminue après quelques heures.
«Il peut y en avoir 200 000 comme il peut en y en avoir 2000 comme il peut n'y en avoir que 20. Je m'attends à quelques milliers de personnes au départ, mais je m'attends aussi à ce qu'après deux ou trois heures, certains se disent : ?On s'en va, c'est plate!?, car ce sera juste des citoyens qui prendront la parole devant du monde. Il n'y a rien de plus banal que ça!» indique-t-il.
Quant aux lecteurs, il y aura certains changements entre les trois cycles de huit heures. «Au départ, on insistait pour que tous les lecteurs fassent la veillée d'armes de 24 heures. Si ce n'est pas nécessaire, c'est cependant hautement souhaitable», explique Biz.
Certains lecteurs plus âgés et des politiciens qui ont à préparer une campagne électorale seront donc dispensés d'être sur place toute la durée de la manifestation. «Nous aurons des lecteurs volants pour remplacer ceux qui ne seront pas là tout le long des 24 heures», conclut le rappeur.
Françoise Sullivan au dessert
L'une des auteurs et signataiÂres du Refus global, Françoise Sullivan, sera à Québec demain pour lire le manifeste lors du dernier cycle de huit heures du Moulin à paroles. Son ami et grand amateur d'art, l'avocat Marc Bellemare, a confirmé hier la présence de la danseuse, sculpteure et peintre automatiste sur les plaines d'Abraham. Maintenant âgée de 84 ans, Mme Sullivan ne sera cependant pas sur place durant les 24 heuÂres de l'événement, et c'est le chanteur rock Yann Perreau qui lira le Refus global lors des deux premiers cycles du spectacle.
Les dons affluent
La campagne de financement de dernière minute du Moulin à paroles afin de compenser la perte de la subvention de 20 000 $ du gouvernement provincial remporte beaucoup de succès.
Le téléphone de Julien Larocque-Dupont, des Jeunes Patriotes du Québec, qui donne un coup de main aux organisateurs du spectacle pour la cueillette de dons, n'a pas dérougi hier.
«Les gens sont généreux! Plusieurs personnes voulaient faire des dons de 20 $, 100 $ ou même 500 $», indique M. Larocque-Dupont, qui ne s'attend toutefois pas à combler le manque à gagner résultant du retrait de la subvention dans les quelques heures qui précèdent le coup d'envoi.
«Les organisateurs devront quand même faire des compressions budgétaires. Nous avons déjà quelques milliers de dollars d'amassés, mais il faudra attendre au moins une semaine avant de connaître le montant total», poursuit-il.Â


















