«Nous sommes de bons amis depuis plus de dix ans», confie Georges Savarin de Marestan, descendant d'une soeur du Marquis de Montcalm, en parlant d'Andrew Wolfe Burroughs, résidant de Londres et descendant d'une tante de James Wolfe.
Les deux hommes, qui liront des lettres de leurs illustres ancêtres à l'occasion du Moulin à paroles, se sont connus à Québec, lors du lancement du film Le sort de l'Amérique de Jacques Godbout.
«Il y a un grand respect entre nous. J'ai fait faire à M. de Marestan un petit tour historique sur Wolfe en Angleterre», indique
M. Burroughs, qui se rend régulièrement en vacances chez son ami français.
Reconstitution
M. Burroughs estime que le 250e anniversaire de la bataille remportée par les troupes de son ancêtre est l'anniversaire le plus important de sa vie. «C'est dommage que la reconstitution n'ait pas pu avoir lieu, mais nous sommes quand même contents que le Moulin à paroles soit là pour le souligner.»
Georges Savarin de Marestan avait lui aussi de la difficulté à comprendre l'annulation de la reconstitution historique, à laquelle lui et son ami devaient prendre part. «Nous l'avions fait il y a 10 ans pour le 240e et il n'y avait eu aucune polémique», souligne-t-il.
«Je comprends que c'est le fait que le projet était soutenu par le gouvernement fédéral qui posait problème. Depuis le scandale des commandites, les Québécois sont plus soupçonneux des projets soutenus par le gouvernement du Canada», enchaîne Andrew Wolfe Burroughs.
Les deux hommes se défendent toutefois bien d'être à Québec pour exprimer des opinions. «On lira quelque chose qui a été écrit par nos ancêtres. L'idée est de donner la parole à des gens qui ont reçu des blessures mortelles en ces lieux mêmes», indique
M. de Marestan.
«Nous allons limiter cet événement aux faits. Ce n'est pas une occasion pour les opinions et les choses actuelles, mais bien pour l'histoire», poursuit-il.
Éloges
Malgré tout, MM. Burroughs et de Marestan ont tous les deux tenu à faire l'éloge de leurs ancêtres. «Certains ont fait de James Wolfe le bouc émissaire de toutes les peines et de toutes les douleurs, mais il ne faut pas oublier qu'il s'agissait d'une guerre entre deux empires qui n'avaient pas vraiment l'intérêt des Canadiens français à leur agenda», signale Andrew Wolfe Burroughs, soulignant que son ancêtre se préoccupait beaucoup du bien de ses soldats.
«Montcalm était aussi un général très économe du sang de ses soldats, comme le démontre la bataille de Carillon, où il n'a perdu que 240 hommes alors que les Anglais en ont perdu plus de 2000», conclut Georges Savarin de Marestan.


















