21h30 «Si Sam Hamad l'avait connu, il aurait dit qu'il était terroriste», a lancé le remplaçant de Françoise David, en présentant le médecin Norman Bethune...
Maurice Duplessis, ou plutôt François Parenteau, a provoqué les rires et de chauds applaudissements. Ce sont ensuite les auteurs bien connus, Anne Hébert, Gabrielle Roy, Gratien Gélinas, qui ouvrent la voie au Refus Global de 1948, lu par Yann Perreault, qui avait sorti sa chemise à carreaux pour l'occasion.
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21h On entre dans la Révolution tranquille et dans le vif du Québec... Les Zapartistes prêtent leurs voix à Ça va venir, ça va venir, découragez-vous pas de la Bolduc. Biz utilise ses talents de rappeur pour livrer un texte de Jean N'Arrache, de 1939. Christopher Hall enchaîne avec The Street, qui dépeint un sale tableau des french Canadians... mais la foule a bien compris le jeu et accepte qu'on repasse sur tout, pas juste sur les textes flatteurs.
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20h15 L'ambiance est enveloppante alors qu'on atteint le coeur du Moulin. Les lumières orange et vertes égayent les côtés de la scène et le haut de la butte. Le huitième chapitre s'amorce en 1914, avec une lecture enflammée de Contre la conscription par le syndicaliste Gérald Larose. Suit l'extrait attendu de l'encyclopédie de la cuisine de Jehanne Benoît (et on sent bien qu'à ce nom, chacun retrouve les odeurs de la cuisine maternelle). L'heure est à la nostalgie. Les plus âgés retrouvent la drave, le village d'antan et Séraphin.
Yves Lambert, qui nous avait servi Marie Calumet un peu plus tôt, revient entonner la chanson Les Raftsmen avec Michel Faubert, pour le plus grand plaisir de la foule, maintenant bien réveillée pour amorcer la nuit. Si la tendance se maintient, le Moulin durera 12 heures au lieu de huit heures... Fera-t-il deux tours au lieu de trois?
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19h15 Le soleil a baissé. La foule assise au bas de l'amphithéâtre naturel s'est clairsemée, mais le haut de la pente s'est rempli. On assiste à quelques pique-niques en périphérie des lieux. Par vagues, on quitte, par vagues, on arrive, alors qu'est lu le règlement des élèves du Petit Séminaire de Québec. Nous sommes en pleine chronique sociale : on passe des discours politiques d'Honoré Mercier aux poèmes d'Émile Nelligan, le portrait devient foisonnant.
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18h30 Dès qu'il apparaît, les cris fusent. Bernard Landry lit une lettre de De Lorimier, qui se termine par «Vive la liberté! Vive l'indépendance!» L'ovation qui suit est un peu freinée par l'intervention d'une spectatrice, qui grimpe sur scène pour lancer un message confus, qui concerne les enseignants. Elle est ramenée illico à son banc par la sécurité. Une bien petite vague... Le Moulin reprend son cours normal, avec Paul Piché qui entonne Un Canadien errant.
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17h48 René-Richard Cyr y va d'un texte d'Alexis de Tocqueville, qui relate un procès se déroulant en anglais et en français. Trois heures se sont déjà écoulées, à peine 35 textes sur les 158 sont lus... Les paris sont ouverts sous la tente de presse à savoir quelle sera la durée du premier cycle du Moulin.
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17h30 Les textes des conséquences de la Conquête ont dû rappeler les cours d'histoire de quatrième secondaire à plusieurs spectateurs... On y a jouxté La chasse galerie de Claude Dubois, chanté par «La Marsouine» Caroline Desbiens, et la recette du sirop des soeurs de la Providence. Petits baumes sur ces plaies encore vives pour les nostalgiques du régime français, mais plutôt guéries pour les spectateurs, semble-t-il.
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16h45 La reconstitution de la bataille des Plaines a finalement lieu, par la bouche de trois comédiens du Théâtre des Fonds de Tiroirs et des deux descendants de Wolfe et de Montcalm. On sent, par la bouche des deux hommes magnifiés par la renommée de leurs ancêtres, que l'Histoire, avec un grand H, est revenue sur ses pas, très sobrement.
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16h30 On approche de la bataille des Plaines... «Québec n'aurait pas fêté ses 400 ans si ce n'était de la volonté des Innus, anciennement appelés Montagnais», a rappelé Ghislain Picard, le chef actuel de cette communauté, en dénonçant les mesures d'assimilation autrefois mises en place par le gouvernement canadien (lavage à l'eau de javel, pensionnat, etc.)
Le passage sur la déportation des Acadiens est chargé d'émotion. Luc Picard lit d'abord des extraits du journal de John Winslow, chargé des opérations au nom de la Reine. Marie-Christine Lehuu enchaîne avec un témoignage d'Évangéline, une voix au coeur du drame. Suit la première chanson du Moulin à paroles, Réveille de Zachary Richard, chanté par l'Acadienne Isabelle Cyr, qui d'une voix déchirante entonne a capella la plainte déchirante. La foule lui offre la plus longue salve d'applaudissement à date.
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16h20 L'historien Michel Lessard lance une première flèche sur les déserteurs... «Pendant que nous posons un regard sur notre histoire, je vous annonce que notre premier ministre regarde une partie de golf à la télé (les huées suivent), et que le maire de Québec joue au Monopoly». Une heure après le début du Moulin, il évoque les raisons de cette réunion de 24 heures... Il a terminé sa lecture laborieuse de peine et de misère. Sa dernière phrase lui vient plus spontanément: «Je vous souhaite un pays!» lance-t-il en sortant. Quelques applaudissements lui répondent.
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16h Les textes amérindiens et français alternent avec plus de rythme. Le directeur artistique du théâtre de la Bordée Jacques Leblanc lit avec un ton mordant un texte intitulé: Je m'étonne que les Français aient si peu d'esprit, qui provoque quelques rires. Suit la comédienne de Québec Évelyne Rompré, qui lit un texte de Marguerite Bourgeois. Les spectateurs sont plus attentifs. Ces voix habituées de déclamer résonnent plus justement que les précédentes. Le Moulin a pris son erre d'aller, on commence enfin à raconter.
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15h12 Le Moulin se met en marche. Le premier des vingt-cinq tableaux s'articule autour d'un texte huron, lu par Conrad Sioui, qui a mis un chapeau traditionnel pour l'occasion. Quelques musiciens l'accompagnent discrètement. La foule ne cesse de grossir... On peut dire sans se tromper qu'on approche du cap des 5000, plus peut-être si on compte ceux qui circulent autour du site principal.Suzanne Clément lit le texte de Jacques-Cartier que devait lire à l'origine le maire Régis Labeaume.
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15h01 Les gens continuent d'affluer aux environs du kiosque Edwin-Bélanger. Ils sont plus d'un millier, déjà, sur des chaises de parterre ou des couvertures, à s'être massés à l'ombre, devant l'écran à droite de la scène. De tous les âges, des enfants, des jeunes, mais aussi pas mal de têtes grisonnantes. On sent que certains comptent bien y passer la nuit. D'autres ne sont que de passage. Les deux ou trois personnes qui ont des drapeaux des patriotes sont entourés de journalistes qui tentent de voir si le vent de controverse qui a soufflé pendant toute la préparation du Moulin s'est rendu jusqu'à l'événement lui-même. Tout est calme, le soleil plombe. Sur la scène, il n'y a que quelques bancs, un micro. Tout est calme.
















