«Oui, je le ferais, car ça fait partie de l'histoire! Et dans de tels cas, personne n'irait sûrement oser prétendre que je suis d'accord avec le texte. Les États-Unis peuvent parler de l'esclavage, du meurtre de Lincoln. Il faut être capable de regarder les événements dont on n'est pas fiers, car c'est après être tombé qu'on se relève et qu'on grandit», a-t-il déclaré en entrevue samedi après-midi.
Questionné à savoir s'il accepterait de lire la lettre qu'avait écrite le caporal Denis Lortie avant la tristement célèbre tuerie de l'Assemblée nationale, l'artiste a cependant été moins clair. «Est-ce que cette lettre a aidé à façonner le Québec? Si c'est le cas, oui, je la lirais», a-t-il poursuivi.
Manifeste extrémiste
Quant au manifeste du FLQ, Mervil le considère comme «un manifeste gauchiste malheureusement extrémiste». «L'extrémisme est toujours à éviter, le terrorisme est toujours à éviter», précise-t-il.
Il souligne toutefois que plusieurs Québécois avaient applaudi la première lecture de ce manifeste à la télévision à l'époque, car ils se reconnaissaient dans le message.
«C'était le manifeste de travailleurs en colère qui en avaient assez de se faire manger la laine sur le dos, qui en avaient assez que ce soit toujours les mêmes personnes qui profitent des richesses. Cependant, dès qu'il y a eu les bombes, dès qu'il y a eu mort d'homme, ces gens qui avaient applaudi ont dit non, car, ici, on fait des révolutions tranquilles, on ne tue pas les gens», indique Mervil.
Commémoration
Pour Mervil, les personnes qui ont assisté au Moulin à paroles ont compris qu'il ne s'agissait pas d'une fête, mais d'une
commémoration.
«Comme les Japonais commémorent Hiroshima et Nagasaki, comme les Allemands commémorent la Seconde Guerre mondiale et osent parler de nazisme», conclut-il.
















