Débutant sa lecture de façon posée, Mervil a ensuite laissé monter en lui la colère qui animait les rédacteurs du manifeste, lançant en finale un tonitruant «Vive le Québec libre, vive le Front de libération du Québec!» accueilli par plusieurs militants indépendantistes qui scandaient «Nous vaincrons!».
Monté sur scène immédiatement après Mervil, Jean Barbe a calmé le jeu immédiatement après la lecture de du manifeste du FLQ en lisant une lettre de Pierre Laporte envoyée au premier ministre Robert Bourassa alors qu'il était prisonnier des felquistes.
La soirée a aussi été marquée par un appel à la bombe effectué vers 22h d'une cabine téléphonique de la Grande-Allée. L'incident est toutefois passé inaperçu sur le site du Moulin à paroles, les agents de sécurité et les policiers fouillant discrètement les lieux sans rien trouver.
Le controversé militant souverainiste Patrick Bourgeois est monté sur scène peu avant 1h, lançant d'entrée de jeu: «C'est moi, le faux terroriste qui semble faire trembler les bien-pensants de tous les partis confondus» , avant d'entamer un discours de Pierre Bourgault.
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En début de journée, la foule s'est comportée de façon respectueuse en applaudissant le descendant de James Wolfe autant que celui de Montcalm lors de la séquence traitant de la bataille des plaines d'Abraham.
«Je crois qu'on a encouragé celui qui était minoritaire!», a lancé Andrew Wolfe Burroughs après avoir lu quelques extraits d'une lettre écrite par le Général Wolfe.
«Nous avons ici des gens qui s'intéressent à l'histoire, une foule très polie et très civilisée, donc je suis heureux, mais pas surpris d'avoir été applaudi», a poursuivi M. Burroughs.
Ces applaudissements nourris au premier texte plus sensible du Moulin à paroles ont donné le ton au spectacle qui s'est déroulé dans le calme devant un public qui écoutait attentivement toutes les interventions et accompagnait parfois les interprètes en chantant et tapant dans ses mains durant les segments musicaux.
«C'est magnifique! On vient d'entendre M. Wolfe Burroughs parler anglais pendant plusieurs minutes et personne ne l'a hué. Ce n'est pas facile de raconter la bataille des plaines d'Abraham. Les Québécois ont besoin de s'identifier à quelqu'un ou a des événements et je n'aurais pas voulu m'en priver», a lancé l'ex-ministre conservateur Benoît Bouchard en marge du spectacle.
Malgré tout, la tendance plutôt nationaliste des participants et des spectateurs était clairement palpable, notamment lors de l'arrivée sur scène de l'ex-premier ministre péquiste Bernard Landry, qui a eu droit à une ovation debout avant d'entamer la lecture d'une lettre de François-Marie-Thomas Chevalier De Lorimier écrite quelques heures avant son exécution.
Les applaudissements nourris ont repris au terme de l'intervention de Landry, après qu'il ait lancé «Vive la liberté, vive l'indépendance», et se manifestaient à nouveau lors du passage d'autres représentants du mouvement souverainiste.
Quelques interventions plus tard, François Lécuyer a reçu les seules huées de la journée avant d'entamer le discours de John George Lambton, premier comte de Durham. «Assassin!», a même lancé un spectateur un peu plus enflammé. «S'il-vous-plaît, ne tirez pas sur le messager!», a enchaîné Lécuyer, détendant immédiatement l'atmosphère et provoquant les éclats de rire de la foule.
Ces huées ont été la seule note discordante de la première partie du spectacle car, par la suite, même la lecture du Ô Canada a été suivie d'applaudissements de la part de la foule majoritairement souverainiste.
Foule satisfaisante
M. Laval-Pineault était par ailleurs fort satisfait de la foule présente sur les plaines d'Abraham. «À peu près 1500 spectateurs, c'est très bon, car on pensait qu'il y aurait environ 300 personnes. Dans un sens, la médiatisation de la controverse autour de l'événement aura au moins contribué à lui donner de la visibilité».
Prévu d'une durée de huit heures, le premier cycle du Moulin à paroles a toutefois duré beaucoup plus longtemps. Après six heures de discours, on n'en était qu'à la moitié du programme prévu. «La nuit nous servira à faire des ajustements afin que tout soit terminé à 15h demain (aujourd'hui)», conclut Pierre Laval-Pineault.
















