Le son des trompettes s'harmonisait avec d'importantes huées chez les spectateurs quand M. Harper est monté sur la scène de la place D'Youville. De ses blagues à saveur festive, les invités d'honneur ont bien ri. Josée Verner, Sam Hamad et le maire Labeaume semblaient applaudir plus que la foule entière, qui a plutôt opté pour des «chou!».
Une fois l'attention de l'audience tournée vers les feux d'artifice, M. Harper en a profité pour faire la célèbre acrobatie de Bonhomme, un cadeau pour les caméras. Mais pas de douceurs pour les journalistes qui se sont vu refuser tout commentaire de la part du chef conservateur. Il a ensuite quitté la scène en douce, laissant toute la place aux vedettes de la soirée, les Porn Flakes.
Mélange des genres
Avec un répertoire rock et surtout anglophone, la troupe de Dan Georgesco a dû faire preuve de créativité pour offrir un spectacle francophone et travailler avec les différents styles de ses invités. Quoiqu'en début de soirée, les musiciens se sont plutôt présentés tels de joyeux pompiers venus éteindre les feux d'artifice. Ils ont rapidement quitté leurs habits jaunes pour redevenir de vrais rockers, même pour l'interprétation du fameux hymne du Carnaval.
Au micro, Lulu Hughes ? la fille de la soirée ? s'est ensuite lancée dans une version rock décapante de la pièce de Jacques Dutronc et popularisée par Vanessa Paradis dans les années 90, Les cactus. De quoi réchauffer la foule qui ne pouvait espérer une meilleure température. Sous les quelques flocons, c'est un Fred Lebel débordant d'énergie, avec des pas de danse près du break danse, qui est venu nous rappeler l'existence de Michel Pagliaro avec Les bombes. La foule s'est littéralement soulevée, certains un p'tit verre de caribou à la main.
Puis, se sont succédé les invités des Porn Flakes sur une trame toujours électrique, défiant toutes les lois du rock n' roll. Des pièces de Francis Cabrel à Jean Leloup en passant par Marjo et Plume Latraverse. Les répertoires québécois et français des années 80 et 90 y sont passés avec toujours une grande fluidité. Sauf peut-être pour l'interprétation de Lit vert de Latraverse. Ne connaissant visiblement pas les paroles, Kevin Parent a même dû demander pardon au public d'avoir fait sa prestation la braguette de son pantalon grande ouverte! Ce qui ne l'a pas empêché de donner des frissons dans le dos avec son Seigneur version métal, teinté de notes à la Black Sabbath.
Plus sentis pour ce qui est de l'oeuvre de Plume, Les Denis Drolet, ont hurlé le Rock n'roll du grand flan mou avec beaucoup d'émotion, de théâtralité et de synchronisme! Ce qui a définitivement mis la table au rap acéré des Loco Locass qui ont su réveiller la foule évaluée à 2000 personnes, qui commençait à s'engourdir. Lançant de plein fouet un 1990 de Leloup, puis un Give it Away de Red Hot Chilli Peppers assaisonné des textes de Rock et Belles Oreilles, le duo avait définitivement de ses fans dans la foule.
Parmi eux, une certaine Sophie Labrie portait fièrement un chandail des Nordiques. De Québec? «Pas du tout, je viens de Granby et c'est la première fois que je viens au Carnaval», a-t-elle lancé. Elle est venue pour voir Loco Locass et goûtera aujourd'hui aux plaisirs de l'hiver à Québec, au coeur du Carnaval qui a officiellement pris son envol à grands coups de guitare électrique.













