Au moins, il n'y avait pas d'odeur. Mais la pression montait pour que je m'en débarrasse. Dimanche, je me suis retenu de ne pas tout mettre dans un sac à vidanges. Le camion serait passé le lendemain et je n'en aurais plus entendu parler.
En bon soldat grano, j'ai résisté. La semaine passée, une amie qui habite sur la rue Richelieu m'avait dit que dans un parc près de chez elle, il y avait des conteneurs pour faire du compost. J'ai pris le numéro (418-522-0454) et j'ai appelé au Comité populaire Saint-Jean Baptiste, qui s'en occupe.
Véronique, une jeune femme dévouée et verbomotrice, m'a donné rendez-vous sur place lundi et m'a expliqué comment ça fonctionnait en une quinzaine de minutes. Pas trop compliqué, on peut y jeter toutes les épluchures de fruits et de légumes et les restes de plusieurs autres aliments comme les écales de noix et les coquilles d'oeufs, mais pas la viande et les produits laitiers, entre autres.
Une fois que vous avez fait le tri, il n'y a plus qu'à aller porter votre chaudière de résidus dans une des boîtes à compost et d'ajouter des feuilles mortes l'été. Les vers de terre se chargent du reste. (Il y a aussi quelques autres trucs à savoir; Véronique se fera un plaisir de vous les expliquer).
Le site de compostage dans le quartier Saint-Jean Baptiste existe depuis juin 2005 et près de 250 citoyens en ont profité jusqu'à maintenant. Entre le 1er novembre 2007 et e 31 octobre 2008, par exemple, au moins 2100 kg de matières organiques ont été récoltés à cet endroit, c'est-à-dire un sacré paquet de sacs à vidanges qui ne se sont pas retrouvés au dépotoir.
Pour ceux qui se le demandaient, d'autres sites de compostage communautaires se trouvent à Limoilou, Saint-Sauveur et Saint-Roch. Ils sont gérés par le Collectif Éco-Quartier.
Sinon, il y a toujours le lombricompostage, avec des vers de terre à la maison. Mais il n'y a rien à craindre. Paraît qu'ils sont très dociles.
***
À la suite de mon dernier carnet, j'ai reçu quelques courriels pour contredire. Tant mieux. En voici deux :
«Étonnamment, en ce qui nous concerne, on a commencé à manger bio lorsque nous étions... sur l'aide sociale. Le jardinage collectif, découvert auprès d'un sympathique groupe de Québec (les Ateliers à la Terre), la transformation de nos aliments en groupe de cuisines collectives, nous ont fait redécouvrir le savoir-faire, et ce, à miniprix.
«Plus cher, le bio? Les légumes en panier reviennent au prix des légumes d'épicerie en hiver, la viande achetée en quartier, grosso modo le prix de la viande à l'épicerie (quoique, sur l'aide sociale, on mangeait végé... entre autres pour économiser), on a du bio pour le prix du non-bio en achetant nos produits de base en grosse quantité dans les groupes d'achat. Faut simplement s'habituer à un mode d'approvisionnement un peu différent que celui de la petite épicerie du jeudi.
«Peut-être que notre bref passage sur l'aide sociale nous a fait découvrir les valeurs de la simplicité "par obligation" mais une fois les temps de vaches maigres terminés, nous sommes deux professionnels, propriétaires, parents de deux enfants, et toujours simplicitaires maintenant, et ce, par choix. Et finalement, je me considère beaucoup plus riche que bien de mes semblables amis en cultivant mon jardin, élevant mes poulets bios, cuisinant tout ce que je mange, achetant des vêtements et jouets usagés pour les enfants, conduisant une petite voiture.... »
Geneviève
«(...) Ce Adam Drewnowski a oublié un détail dans son équation, pour 1$, on peut à peine se procurer 100 g de boeuf haché, mais une conserve de haricots rouges et presque la moitié d'un sac de ceux-ci secs. Une conserve de haricots rouges est drôlement plus nourrissante et meilleure pour la santé que 100 g de boeuf haché. Je suis étudiante, je vis tous les jours avec un budget serré, ma simplicité n'est pas volontaire, elle m'est imposée. Okay, je ne suis pas celle qui est le plus à plaindre, mais je me nourris quand même avec environ 50$ par semaine. Je ne mange pas entièrement bio, mais autant que possible, j'essaie d'acheter les fruits et les légumes de saison et de préférence locaux et bios (l'un ou l'autre, c'est selon). Les marchés publics sont souvent une mine d'or d'excellents produits à bons prix. C'est vrai, l'hiver c'est plus difficile, il faut bien se résigner puisqu'on habite dans un pays nordique où presque rien ne pousse quatre mois par année. Un autre de mes trucs c'est que je fais tout moi-même. C'est fou l'argent que l'on sauve quand on n'achète pas de produits transformés. Par exemple, un pain aux bananes coûte environ 4 $ à l'épicerie. Le mien, environ 2 à 3 $ pour un meilleur et même avec brisures de chocolat. Le problème c'est qu'une grande majorité de la population ne cuisine plus par faute de temps ou ne sait plus cuisiner. Ne voulant plus cuisiner, on se rabat sur le tout fait qui est moins bon pour la santé et au goût et plus cher. Bien manger pour peu ce n'est pas réservé aux riches, mais il faut y mettre l'effort nécessaire.»
Anne-Marie
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