Jour 24: L'éthique du locavore

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Notre journaliste Marc Allard a relevé son défi de vivre 30 jours de simplicité volontaire. Lisez tous ses carnets et les nombreux commentaires des internautes. »

Jour 24: L\'éthique du locavore

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Un cliché...

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) J'ai rencontré ma nouvelle idole. Elle s'appelle Anick Béland Morin, a mon âge et mange bio et local depuis trois ans.

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Anick Béland Morin mange bio et local depuis trois ans.

Moi qui me félicitais d'avoir tenu trois semaines.... Trois ans! Ou plutôt cinq, si on compte à partir du moment où elle a commencé.

Si je ne l'avais pas croisée au Marché de solidarité régionale de Québec, dont elle est responsable, j'aurais sûrement imaginé Anick avec une salopette et une fourche, vivant dans une ferme quelque part en banlieue de Québec.

Je me serais trompé. Mardi soir, elle m'a invité à souper dans son chaleureux petit appartement de Saint-Sauveur, en basse-ville, où la nature n'existe à peu près pas. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne s'en soucie pas. En me faisant visiter la salle de bain, par exemple, Anick m'a expliqué qu'elle se brosse les dents avec du dentifrice fait maison, se lave les mains avec des copeaux de savons et utilise un bidet plutôt que du papier de toilette.

Un peu traumatisés? Moi aussi. Elle? Pas une seconde.

Pour souper, elle nous a concocté un potage à la courge et aux pommes de terre, un risotto d'épeautre avec des poireaux, de l'ail, des oignons et des champignons. Pour dessert, elle a fait cuire un granola avec des flocons de je ne sais plus quelle céréale et des graines de tournesol. C'était vraiment délicieux. En plus, elle m'a laissé siphonner sa bouteille d'hydromel.

Durant le repas, je lui ai demandé si elle avait autant de misère que moi à se restreindre aux produits locaux. Non. Anick a appris à cuisiner avec tous les aliments d'ici, selon les saisons et en congelant beaucoup, notamment des fruits qui ne poussent pas l'hiver. À voir le festin sur la table, je n'ai pas de mal à la croire. Elle m'en a même laissé pour mon lunch.

J'en entends qui se disent: «Mon dieu, je ne voudrais pas la recevoir à souper». Rassurez-vous, quand elle va chez les gens, elle ne leur impose pas son menu. Sa tante peut lui servir de la dinde non bio au jour de l'An. «Ce n'est pas un dogme», me répète-t-elle.

Pour Anick, être locavore, c'est avant tout une question d'éthique. Si elle ne mange pas de bananes du Costa Rica et de clémentines du Maroc, ce n'est pas seulement parce qu'ils émettent des gaz à effet de serre durant le long voyage qui les mène jusqu'à notre boîte à lunch. C'est aussi parce qu'elle se doute que les travailleurs qui les ramassent sont payés des salaires de merde pour des semaines interminables et que, parfois, leurs compatriotes manquent eux-mêmes de fruits à force de nous nourrir.

La prochaine fois, c'est moi qui invite Anick à souper. Elle n'a pas peur des catastrophes culinaires.

***

C'est toujours intéressant de savoir que le Québec n'est pas le seul à prendre le virage bio. Des nouvelles de l'autre côté de l'Atlantique :

«Bien le bonjour de Belgique!

«Nous n'avons pas de dépanneur chez nous, mais nous l'avons expérimenté chez vous cet automne (trois semaines dans la Belle Province en septembre et octobre ). Que de souvenirs!

«Tout ça pour vous dire que nous partageons très fort votre démarche depuis pas mal de temps déjà. Cependant, il n'est pas facile de s'approvisionner uniquement au magasin bio, surtout en hiver où le choix en légumes est fort limité. D'ailleurs, les grandes surfaces ont senti d'où venait le vent et les rayons bio prennent de plus en plus d'importance...et à des prix assez compétitifs, que ce soient en légumes, viandes, poissons, vins et autres produits d'entretien.

«Le panier bio-fermier marche assez fort dans notre Brabant wallon. Ma belle-fille en est une adepte convaincue.

Il me semble que le courant bio passe bien à travers le monde occidental. Il était temps pour contrer la malbouffe.

Toujours avec modération, une bonne bière belge d'abbaye, ce n'est pas dégueu!!! Cela réchauffe par le froid que vous avez chez vous.

«Cordialement,

Pierre

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