J'ai déjà expliqué que je me sentais coupable de ne pas être assez écolo, de ne pas contribuer autant que je voudrais à sauver la planète. Mais le problème du réchauffement climatique apparaît tellement vaste, tellement abstrait que la seule image concrète qui me vient en tête, c'est celle de l'ours polaire à la dérive sur une banquise.
Les scientifiques nous disent que les conséquences sont déjà tangibles. Sauf qu'au quotidien, à part les innombrables reportages qui passent dans les médias sur le sujet, honnêtement, j'ai du mal à voir ce que ça change dans ma vie.
En fait, si j'ai décidé de m'imposer un mois de simplicité volontaire, c'est surtout en pensant au bien-être du futur moi, qui voudrait bien continuer à vivre sans que la nature se déchaîne parce qu'on l'a trop négligée. Or, quand on sacrifie une partie de son mode de vie, quoi de plus démotivant que de ne pas voir de résultats à court ou même à moyen terme?
C'est là que le cynisme se pointe. Après tout, il y a des tas de raisons pour ne rien faire. Mettons que demain, vous devenez encore plus radical que moi dans les 29 derniers jours. Vous ne mangez plus de viande, optez pour le bidet au lieu du papier de toilette, plantez des arbres pour réparer vos émissions de gaz carbonique. Par contre votre voisin, lui, arrose ses bancs de neige, mange chez McDo régulièrement le midi, part toutes les fins de semaine en Winnebago, mais signe un chèque une fois par mois à Greenpeace pour se donner bonne conscience. Question : à quoi servent tous vos efforts?
Au moins, ils servent d'exemple. Pourvu que vous ne leur fassiez pas la morale, vos amis, votre famille et même votre voisin vous suivront peut-être un peu. Ils feront comme si vous n'y étiez pour rien, mais vous les verrez prendre le vélo au lieu de la voiture pour aller à l'épicerie, arrêter de se promener en camisole dans la maison quand il fait -30 dehors et baisser le chauffage, ou simplement abandonner les sacs en plastique.
Et de fil en aiguille, qui sait, bientôt lorsque quelqu'un nous demandera ce qu'on fait pour l'environnement, il sera peut-être devenu gênant de répondre seulement : «Ben... je recycle».
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