Jour 30: Ce qu'il reste

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Société

Changer sa vie

Notre journaliste Marc Allard a relevé son défi de vivre 30 jours de simplicité volontaire. Lisez tous ses carnets et les nombreux commentaires des internautes. »

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) En me levant mardi matin, j'ai souri. Ma dernière journée de simplicité volontaire. Demain, je pourrai manger et acheter tout ce que je veux. Alors, qu'est-ce que je vais faire, me précipiter au dépanneur pour dévorer un sac de chips? Dévaliser Place Laurier?

Non. Ce serait trop con de recommencer à zéro. Et, de toute façon, je pense que je ne pourrais pas. Une lectrice me disait qu'il faut 21 jours pour changer une habitude. Ça en fait 30.

Attendez, je ne suis pas en train de dire que je suis devenu Supergrano, héros de la consommation responsable, blindé contre les tentations matérielles et les cochonneries. Ou pire, un écocondriaque obsédé par son empreinte écologique.

Mais, oui, pour reprendre l'entête de ce blogue, ces 30 jours ont changé ma vie. Pas dans le genre croissance personnelle, changez votre vie en un mois! Je veux dire, une partie de ma vie. Celle qui a à voir avec mes trois repas par jour et mon portefeuille.

Demain, quand je vais aller à l'épicerie, vous pouvez être certains que si j'ai le choix entre des tomates du Québec et des tomates américaines, je vais prendre les premières, même si elles sont plus chères. Et si elles ne sont pas bios, je vais hésiter, alors qu'avant je ne jetais même pas un coup d'oeil à l'étiquette.

 Même chose pour les objets. Si j'ai réalisé une chose, c'est qu'on peut tout acheter de seconde main. Et pas seulement chez Emmaüs ; il n'y a peu pas grand chose qu'on ne peut pas trouver usagé sur Internet, que vous cherchiez un parapluie, un télescope ou un jeu de Ouija (aucun lien entre ces trois items).  

Mardi midi, j'ai reçu un courriel d'un monsieur de Québec qui trouvait que je me plaignais beaucoup des sacrifices que demande la simplicité volontaire. Paraît-il que nous, les jeunes fainéants, on n'a plus l'habitude de l'effort. Peut-être. Reste qu'il faut en faire pour consommer sans l'aide des centre commerciaux ou de privilégier les aliments qu'on produit au Québec.

En même temps, il n'y a rien de surhumain là-dedans. Ceux qui disent que le simplicité volontaire est impossible au quotidien sont souvent les mêmes qui ne peuvent pas se priver de leurs VUS parce qu'ils ont peur de manquer d'espace. En fait, la simplicité volontaire, c'est comme n'importe quoi, plus on pratique, plus ça devient facile. Qu'on soit riche ou pauvre, obligé ou non de passer par là.

 La preuve, j'ai tenu jusqu'au bout.

***

Vous avez été très nombreux à nous écrire depuis le début de cette expérience. Si vous voulez le faire, cliquez ici. Vos encouragements, vos coups de gueule, vos réflexions ont beaucoup enrichi ce blogue. Merci!

P.-S. Un dossier sur mes 30 jours de simplicité volontaire sera publié dans Le Soleil (et sur notre site) la première fin de semaine de janvier.

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