Le retour des saisons

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Changer sa vie

Notre journaliste Marc Allard a relevé son défi de vivre 30 jours de simplicité volontaire. Lisez tous ses carnets et les nombreux commentaires des internautes. »

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Si vous décidez de manger local, il y a une chose que vous ne devez pas oublier : les saisons.

Dans mon panier bio hivernal, par exemple, il y avait toujours beaucoup de légumes-racines comme des carottes, des rutabagas, des panais, des betteraves et des radis. Mais ceux que je préfère ? concombres, tomates, céleris et Cie ? n'étaient plus au rendez-vous, ou très rares au marché d'alimentation naturelle.

Bref, si j'avais voulu acheter tous mes fruits et légumes bio, je n'aurais pas eu le choix de me tourner vers l'importation. Avec les risques quant à la sécurité alimentaire et les coûts environnementaux que cela comporte (voir texte principal).

«Pour que les chaînes d'alimentation locales réussissent, les gens devront réapprendre à manger selon les saisons», écrit le journaliste américain Michael Pollan, dans son livre The Omnivore's Dilema.

Margot, une lectrice qui a suivi mon expérience sur le site Internet du Soleil, m'a écrit pour me décrire comment ça se passait au Québec à l'époque.

«On mangeait local : on allait chercher une chaudière de lait chez le curé voisin, il avait une vache; on achetait les oeufs pondus par les poules de tante Rose; on mangeait les pommes de terre plantées par oncle Honoré; papa allait à la pêche dès que les glaces de la Bécancour partaient et on mangeait le poisson; M. Huard, le boucher, achetait des animaux qu'il tuait lui-même et vendait la viande en passant par les maisons avec une voiture à cheval. Le boulanger vendait le pain qu'il avait fait cuire, mais maman n'en achetait que très rarement; elle cuisait elle-même son pain, si bon à la sortie du four avec le beurre fabriqué chez M. Bergeron.

«La cave regorgeait des conserves dans des pots de verre, steamés dans le gros boiler de cuivre. La mise en conserve permettait de servir des légumes du jardin pendant l'hiver. Il y avait des tomates, des cornichons, du ketchup, du maïs, des betteraves, de la macédoine de légumes, des confitures de fraises des champs, de framboises, de bleuets, de canneberges sauvages cueillies dans la savane.

«À l'automne, on achetait par sacs de 100 livres le sucre, la farine, aussi 50 livres de beurre dans une caisse de bois ciré, une chaudière de miel, le ?quart? de pommes; on faisait la jarre de lard salé quand le froid permettait de faire boucherie et de congeler les ?maigreries?. On mangeait des légumes frais en saison seulement. Quelques oranges, c'était un spécial de Noël.»

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