L'administration Labeaume a beau promettre d'ici un an un plan d'ensemble pour les transports en commun, le conseiller Pierre Maheux se montre inquiet. Comment peut-on présenter un projet de 1200 logements à la Pointe-aux-Lièvres avant d'avoir prévu des solutions aux problèmes de circulation affectant déjà ce secteur coincé entre l'autoroute Laurentienne et la rivière Saint-Charles?
«Je ne suis pas contre la densification - ça fait 32 ans que je reste au centre-ville -, mais il faut éviter d'accroître les problèmes de transport. Quand on amène des projets de densification, on doit à ce moment travailler sur la circulation pour éviter d'aggraver une situation déjà critique dans le secteur.»
Or, le plan présenté lundi par le maire pour ajouter deux éco-quartiers ne prévoit aucune mesure, déplore le conseiller des Faubourgs, dans lequel se trouve la Pointe-aux-Lièvres. À son avis, la Ville n'aura d'autre choix que de transformer une partie de l'autoroute Laurentienne en boulevard urbain.
M. Maheux voit mal comment M.?Labeaume pourrait justifier avoir imposé un plafond de 17?étages à Cominar pour ses nouvelles tours à la tête des ponts et ne pas être sensible aux problèmes de circulation des résidents du centre-ville. «Les résidents de Saint-Roch et Limoilou ont droit au même traitement que ceux de Sainte-Foy-Sillery», soutient Pierre Maheux.
L'essoufflement du privé
Par ailleurs, la chef de l'opposition, Anne Beaulieu, s'inquiète de la rentabilité des deux projets. Après tout, la Ville de Québec avait produit un rapport en mai 2008 traitant du fort développement de tours à bureaux à la tête des ponts. Le Service du développement économique y prédisait une hausse du taux d'inoccupation dans les espaces à bureaux qui entraînerait dans son sillage un ralentissement dans la construction de ces bâtiments. Ceci «fera en sorte de limiter passablement la réalisation d'immeubles à bureaux d'ici 2011 dans les zones de Saint-Roch et de D'Estimauville», pouvait-on lire.
Mme Beaulieu s'interroge aussi sur la capacité du marché immobilier de Québec de soutenir la construction d'une imposante tour à condos de 33 étages.
Lundi, M. Labeaume a d'ores et déjà indiqué que la participation du privé déciderait du succès ou de l'échec de ces projets. Mais celui-ci se dit convaincu que les promoteurs ont tout à gagner. Au point où il juge qu'aucun incitatif ne sera nécessaire pour les faire lever.
L'ampleur des projets annoncés fait aussi craindre à Mme?Beaulieu que la Ville n'en vienne à délaisser la réfection des quartiers limitrophes. Pourtant, Maizerets aurait besoin d'une mise à jour de ses infrastructures, à commencer par le boulevard des Capucins.

























