«Si M. Labeaume a le temps de donner des poignées de main dans les bingos [...], il a certainement le temps de nous rencontrer, dit Jocelyn Ampleman. Après tout, expulser 21 personnes de leur résidence permanente, depuis plus de 30 ans dans certains cas, ce n'est pas rien», ajoute le porte-parole des résidants.
Le non-respect du règlement de zonage et des raisons de sécurité sont invoqués par la Ville pour mettre fin à l'occupation des lieux en hiver. Le zonage du secteur du camping permet d'occuper les lieux six mois par année.
Mais, demande M. Ampleman, pourquoi le problème est si criant maintenant alors que des gens sont des résidants permanents, sans problème, depuis plus de 30 ans. Le propriétaire, Maurice Lajoie, précise que des gens résidaient déjà sur place en permanence en 1987 quand il a acheté le camping.
En 1991, une résidante permanente a reçu une lettre de la Ville de Charlesbourg l'informant de l'occupation illégale. «Pourquoi n'avoir rien fait et avoir laissé les gens investir dans leurs résidences?» s'interroge M. Ampleman.
Autres interrogations de M. Ampleman : depuis quand une Ville réclame-t-elle des taxes à des illégaux et procède à l'évaluation de leurs résidences? Tous les occupants illégaux ont reçu leur avis de modification de l'évaluation.
Dangers
Les résidants rejettent également les prétentions de la Ville sur les dangers qu'ils courent en demeurant là l'hiver. Des campeurs sont installés d'un côté de la rue du Plein-Air, une rue privée appartenant au proprio du camping. En face, quatre résidences permanentes sont considérées comme légales parce que les proprios ne sont pas menacés d'expulsion, indique M. Ampleman. «Si ce n'est pas dangereux pour eux, où est le danger pour nous?» demande-t-il.
Les résidences des deux côtés de la rue sont reliées aux mêmes réseaux d'aqueduc et d'égout appartenant au proprio du camping, le tout relié aux réseaux de la Ville. Voilà pourquoi le propriétaire dit ne pas comprendre les prétentions selon lesquelles elle devrait investir d'importantes sommes pour la mise aux normes des réseaux souterrains. «La rue m'appartient, et les réseaux suffisent à la tâche. Je ne comprends pas leurs 2 millions $», lance le propriétaire.
M. Lajoie se sent un peu coincé, car il a lui aussi permis à des campeurs de s'installer à l'année. Il sait qu'il pourrait écoper si les campeurs permanents, en fait ses clients, ne se conforment pas à l'ordre d'expulsion d'ici octobre 2010.
En 2006, il a reçu une lettre de la Ville l'informant qu'il s'exposait à des amenedes. Et son camping de 160 emplacements, qui reçoit de nombreux touristes l'été, il y tient.

























