Deux ans plus tard, l'apprentissage est toujours en cours, comme a pu le constater Le Soleil, qui a eu accès au war room du Défi vert, cet endroit où les dirigeants du parti planifient la campagne. Pendant une bonne partie de la rencontre, les membres s'interrogent sur le peu d'écho dans les médias de certaines de leurs sorties.
Ils sont particulièrement déçus de leur communiqué à peine repris sur l'incinérateur de Québec dont ils réclament la fermeture. Un membre suggère la prochaine fois d'organiser un point de presse pour intéresser les journalistes de la télévision. Sa théorie se confirme deux jours plus tard quand Yonnel Bonaventure se présente au terminus Métrobus de l'Université Laval pour parler tramway : six journalistes et deux caméramans se présentent. «Il faut qu'on fasse la nouvelle aux deux jours», résume Sylvain Dion à ses collègues.
Adversaire expérimenté
Mais en plus d'essayer d'attirer l'attention des médias, le Défi vert fait face à un adversaire expérimenté et craint les pièges qu'il pourrait lui tendre. C'est que, si Régis Labeaume refuse de débattre avec Yonnel Bonaventure, l'un des candidats du maire a au contraire proposé à son rival vert de faire du porte-à-porte avec lui. Une invitation que le parti a déclinée, de crainte de voir son candidat Pierre Aubé servir de faire-valoir.
Interrogé à ce sujet, François Picard reconnaît avoir approché son seul adversaire, mais nie avoir voulu le ridiculiser. «Je voulais le sensibiliser au fait que les gens dans Lebourgneuf voulaient le voir.» Disant être «prêt à l'aider» dans la campagne, le bras droit du maire voulait présenter son rival aux membres du conseil de quartier. «Je trouve dommage que quelqu'un de Limoilou se présente dans Lebourgneuf et ne connaisse pas le quartier. Quelqu'un qui se présente doit avoir des objectifs et je voulais que les gens lui expriment les besoins du quartier.»
Pour compliquer encore la tâche du Défi vert, tous ses candidats continuent à occuper un travail de jour. Si bien que le parti fonctionne surtout les soirs et les fins de semaine. Lors d'une réunion hebdomadaire, les membres reconnaissent l'ampleur de la tâche. «Je ne peux pas tout faire seul. Je vais être brûlé à la fin de la campagne», laisse tomber l'un d'eux.
Deux ans après avoir fondé le Défi vert, Richard Domm reconnaît que les présentes élections décideront du sort de son parti, lui qui garde en mémoire l'échec de Marc Bellemare. «Est-ce qu'on va faire comme Vision Québec? Je ne sais pas.»













