«Le trafic a augmenté à Québec depuis quatre ou cinq ans. Il y a maintenant du trafic le dimanche sur Félix-Leclerc. On est-tu à Québec ou à Montréal? Si on laisse aller ça comme ça, on n'est plus distinctif sur la qualité de vie», s'est indigné M. Labeaume en entrevue éditoriale au Soleil, jeudi.
Pour lui, l'avenir de la ville doit passer par le transport collectif. «C'est certain qu'on n'ajoutera pas de nouvelles voies de circulation. Ce n'est pas la solution. Il faut avoir des voies réservées [au transport en commun]», a estimé M. Labeaume.
D'où l'idée de demander - «exiger», dans les mots du maire - au ministère des Transports une voie centrale réservée dans les travaux de réfection de l'autoroute Robert-Bourassa. D'où l'idée également d'attendre pour retaper le boulevard Laurier, question que son administration tranche sur le véhicule de
demain.
Le choix n'est pas encore arrêté, a d'ailleurs précisé M. Labeaume. Mais chose certaine, fini son refus catégorique d'envisager le tramway comme mode de transport. La priorité doit être d'amener plus facilement les gens de la périphérie au centre-ville.
«Tramway, train léger sur rail, triple-articulé... Honnêtement, on s'en fout. Il faut que ça amène le monde au centre-ville.
«Moi, c'est lequel coûte le moins cher. [L'ordre de priorité] c'est qualité, prix, service, énumère-t-il. Le reste, ce n'est pas important.»
Reste que le maire exprime toujours des doutes sur les rails. «C'est sûr, un autobus triple-articulé, il brise, tu l'amènes au garage et t'en amènes un autre. C'est plus difficile avec un train ou un tramway.»
Rapprocher Lévis
Le principal «noeud» se trouvant autour de l'Université Laval, le premier défi auquel doit s'attaquer Québec vient ironiquement de Lévis. Les deux réseaux de transport en commun s'imbriquent encore mal, a déploré M. Labeaume. «Ça pourrait s'appeler la Société de transport de Lévis, je m'en fous. Il faut que ce soit mieux intégré.»
Le problème ne vient pas tant du côté sud du fleuve, s'est-il empressé d'ajouter, estimant que Québec aussi avait sa part de responsabilité. «La mentalité [dans la capitale] depuis très longtemps, c'est qu'il ne faudrait pas se développer trop sur la Rive-Sud ou sur la Côte-de-Beaupré parce qu'on va perdre des maisons.» Erreur, estime-t-il, Québec peut sortir gagnante, même si ses voisines récoltent les taxes résidentielles. À la Ville d'attirer les commerces - et de bénéficier de leurs taxes.
Pour ce faire, M. Labeaume évoque divers scénarios. Des minibus pourraient sillonner les quartiers résidentiels en périphérie. Ou encore, les travailleurs pourraient se rendre dans d'immenses stationnements où des navettes les transporteraient vers les pôles d'emploi.
Le maire dit vouloir prendre le temps qu'il faut pour trouver le mode de transport de demain. Le rapport du comité sur la mobilité durable attendu pour juin pourrait d'ailleurs être en retard, a-t-il prévenu. «Ce n'est pas simple, on n'avait pas réalisé à quel point la question d'aménagement était fondamentale», dit le maire. Et comme il tient à accoucher de recommandations fermes, pas question de bâcler le travail pour respecter le calendrier.
«On va le faire une fois, mais bien. Il faut qu'il y ait des investissements de dizaines sinon de centaines de millions de dollars, de dire M. Labeaume. On va prendre tout le temps qu'il faut parce que c'est trop majeur. Si on se casse la gueule, moi, j'émigre.»




























