«Avec M. Labeaume, c'est toujours la même façon de procéder. C'est la menace et la peur. C'est comme s'il parlait à des enfants : "Si vous ne votez pas pour moi, vous n'en aurez pas, de Colisée." Il essaie de manipuler l'opinion publique», déplore la candidate indépendante Anne Guérette (Vieux-Québec-Montcalm), conÂseillère depuis 2007.
«C'est du chantage électoral. Il place un couteau sur la gorge des citoyens», dénonce pour sa part André Demers (Saint-Louis-Sillery).
«C'est comme s'il demandait un chèque en blanc aux électeurs. C'est inacceptable de la part du maire», dit Francine Bouchard, candidate dans Cap-Rouge.
Leur collègue Jacques Teasdale abonde dans le même sens. «Ça ressemble à ce qu'il a dit récemment concernant les employés municipaux qui devaient le craindre. C'est une certaine forme de chantage. Je pense que c'est de l'enfantillage. Il sait que le vote ne sortira pas fort. Il craint que si le vote ne sort pas, beaucoup de ses candidats ne seront pas élus.»
Le candidat indépendant dans Lac-Saint-Charles-Saint-Émile se dit d'accord «avec un nouveau colisée à condition qu'il n'y ait pas de taxe supplémentaire pour les citoyens et que ça ne nuise pas au programme d'infrastructure».
Le candidat Marc Boucher (Plateau) dénonce pour sa part le mépris qu'affiche le maire pour les électeurs. «Je ne sais pas si on prend les électeurs pour des beignets. Ils sont intelligents et ils sont capables de faire la part des choses. Il faut se rappeler que M.?L'Allier a été minoritaire et il a gouverné quand même, comme Andrée Boucher.»
Pour lui, pas besoin d'une majorité à l'hôtel de ville. «Si c'est valable pour l'ensemble de la population, ça va passer. C'est ça le rôle d'un maire : convaincre. Le danger de ces oppositions écrasantes est que tout est appuyé par des béni-oui-oui. Pour ma part, j'attends le plan d'affaires. Et si c'est si important, qu'on pose donc une question référendaire.»
Malgré l'opposition
La présence d'une opposition n'a pas empêché l'administration Labeaume de mener à bien plusieurs projets, souligne lui aussi l'indépendant Gilles Marcotte (Trait-Carré). «Pour moi, c'est du chantage. Au niveau du Moulin à images et du Cirque du Soleil, les conseillers n'étaient pas contre, même si M. Labeaume n'était pas majoritaire. Moi-même, j'ai bonifié le contrat avec le Cirque. Je ne suis pas en faveur, ni contre un nouveau colisée. On ne peut pas dire : "Je suis favorable" sans savoir combien ça va coûter. La décision sera prise lorsqu'on aura un plan d'affaires avec et sans équipe professionnelle.
«Il donne comme argument qu'il a besoin d'une majorité pour avancer un tel projet. Il n'y a pas de rapport entre le fait d'avoir une majorité et un nouveau colisée. Et je pense que la population est capable de faire la différence entre les deux.»
«Ce projet n'appartient pas au parti du maire. Il faut qu'il accepte que s'il est minoritaire, le projet peut avancer quand mêÂme», affirme à son tour l'indépendant Yvon Bussières (Saint-Sacrement-Belvédère).
Le Défi vert s'est dit «complètement outré» de la sortie du maire. «C'est de la malhonnêteté. C'est un truc antidémocratique. Une personne qui veut être notre maire sur la seule idée d'avoir un nouveau colisée et une équipe professionnelle, ça n'a pas de bon sens. Votez donc pour Yonnel Bonaventure, peut-être que je vais vous en faire un colisée. Je comprends que tout le monde rêve et personne n'est contre ça. Il faut dire que ce n'est qu'une promesse. Ce n'est pas encore réglé, le problème du colisée.»
Pas un référendum, mais presque
Lors d'une conférence de presse lundi, Régis Labeaume s'est défendu de vouloir des élections référendaires. «On ne veut pas appeler ça une élection référendaire. La Ville de Québec, c'est plus qu'un amphithéâtre», a-t-il tenu à préciser.
Reste que le maire a clairement l'intention d'utiliser le résultat du vote comme un levier avec le fédéral et le provincial. «On ne peut pas aller négocier avec le gouvernement avec un sondage. C'est vous qui allez décider la force qu'on va avoir. À l'élection, les gens vont voter sur notre plan d'action et, dedans, il y a l'amphithéâtre. [...] Si vous êtes contre, allez voter contre. Si vous êtes pour, allez voter pour.» Mais voilà , personne ne s'est affiché du «camp du non».
M. Labeaume s'est dit opposé à organiser après les élections un référendum sur le projet d'amphithéâtre. «C'est moins cher, il y a une élection et on est un parti qui a ça dans son programme.»
Au-delà de l'amphithéâtre, Régis Labeaume dit vouloir éviter à tout prix une opposition majoritaire comme à son début de mandat. «On ne peut plus être minoritaires. C'est intenable. Faites votre choix. Si vous n'êtes pas contents dans quatre ans, vous nous mettrez dehors dans quatre ans. C'est clair?»



















