«S'ils veulent démolir, il faudrait acheter avant», dit Jean-Louis Beaulieu, président de la fabrique Bienheureux-François-de-Laval. Propriétaire du vétuste centre communautaire, la paroisse tente justement de le vendre à la Ville depuis plus de cinq ans maintenant.
Les négociations piétinent toujours toutefois, si bien qu'aucune entente n'est encore intervenue. Et encore moins signée. La fabrique écrivait même une lettre au maire Labeaume voilà trois semaines pour relancer son dossier. Pour toute réponse, l'administration a indiqué que le tout était toujours à l'étude.
La surprise a donc été totale mardi quand Jean-Louis Beaulieu a appris par Le Soleil que le parti politique du maire s'engageait à démolir son bâtiment, à vendre le terrain à des promoteurs immobiliers pour ouvrir un centre flambant neuf dans l'éco-quartier D'Estimauville, un kilomètre plus à l'est.
«On ne peut pas démolir ce qui ne nous appartient pas», a reconnu mardi Ginette Picard-Lavoie, la candidate d'Équipe Labeaume dans Maizeret-Lairet, qui annonçait lundi la démolition du centre. Questionnée, celle-ci n'a pu indiquer ce qu'entendait faire la Ville avec le bâtiment. «Je n'ai pas travaillé le dossier. On me l'a fait annoncer parce que c'est dans mon futur district», a-t-elle fait savoir.
Jean-Louis Beaulieu n'a rien contre l'idée de démolir le centre qu'il reconnaît vétuste. Au contraire. Pour le remettre en état, il faudrait investir de 7 à 9 millions $, argent que la paroisse n'a évidemment pas.
L'intérêt -ou le noeud du problème, c'est selon- se trouve plutôt sous l'édifice. Le terrain vaut entre 500 000 $ et 600 000 $, selon l'évaluation municipale, et la fabrique tient à recevoir ce montant afin d'éponger son déficit qui se creuse d'année en année. Elle doit en effet veiller à l'entretien des deux églises de la paroisse, Saint-Pascal et Saint-Pie X. Et les frais dépassent de loin les revenus.
Le rachat du centre ne serait toutefois pas la fin des soucis de la Ville qui devrait démolir le bâtiment. Ses murs étant remplis d'amiante, les coûts pour le jeter par terre sont évalués à un million de dollars. D'importantes mesures pour protéger la santé des travailleurs doivent en effet être prises. Bref, en comptant l'achat du centre et la démolition, le projet cache une facture de 1,5 million $.
Personnes âgées
Quant au déménagement des activités du centre Mgr-Marcoux dans D'Estimauville, M. Beaulieu n'a rien contre. Il se demande simplement ce qu'il adviendra de la clientèle fréquentant l'actuel centre, principalement les personnes âgées. «Les gens vont être frustrés et se sentir pénalisés à moins qu'on prévoie un petit centre», dit-il. Ce dernier suggère à la Ville de récupérer le sous-sol de l'église Saint-Pie X pour y aménager des salles communautaires pour le troisième âge.













