Journaux, télés et radios ne seraient pas étrangers à la popularité de Régis Labeaume. Sans dire que le maire bénéficie d'un traitement de faveur, le spécialiste remarque que les médias aiment bien son style.
«J'ai du mal à expliquer cet engouement-là, mais je ne suis pas surpris que lorsqu'il se présente en public, c'est représentatif de ce qu'on voit dans les médias. Essentiellement, la majorité de la population ne lit pas les programmes des partis et ne participe pas aux assemblées politiques. Elle ne vit la chose politique qu'à travers les médias. C'est grâce à vous [les médias] qu'il [M. Labeaume] existe», lance au Soleil le patron d'Influence Communication.
Le jeu des médias
Selon M. Dumas, la popularité du maire repose donc beaucoup sur la façon dont les médias traitent le personnage public. «Souvent, les médias alimentent et encouragent cet engouement-là à l'égard de M. Labeaume. Les médias vous aiment parce que vous avez une personnalité propre, colorée.
Régis Labeaume joue bien le jeu des médias. Et les journalistes, en général, aime ça parce qu'il leur donne du matériel. Même à Montréal, en raison de sa couleur, non pas de ses idées, les journalistes voudraient avoir un politicien comme lui. Ils accusent les candidats à la mairie de Montréal d'être très beiges.»
M. Dumas soutient même que les journalistes ont été un peu complaisants envers M. Labeaume lorsqu'il a présenté son plan d'action en vu de la construction d'un nouveau colisée.
«Les journalistes ont été très soft sur le fait que Labeaume a fait sa conférence de presse dans des locaux payés par la Ville alors qu'il s'agissait d'une promesse électorale, estime-t-il. Le Directeur général des élections a d'ailleurs statué que le clan Labeaume avait contrevenu à la loi. Quand on parle de hockey, les médias perdent un peu leur sens critique», constate le spécialiste.
Campagne monarchique
La popularité du maire tient aussi du fait que l'actuelle campagne tourne quasiment uniquement autour de lui. «Durant les deux premières semaines d'octobre, il a accaparé 89 % de l'espace médiatique, laissant seulement 11 % à ses adversaires. C'est beaucoup plus monarchique que démocratique comme campagne. C'est immense comme couverture considérant qu'on sait comment ça va se terminer», observe M. Dumas.
Autre facteur déterminant, cette célébrité s'explique également par le peu de controverse dans la présente campagne. À Montréal, les allégations de corruption à l'hôtel de ville représentent 72 % de la couverture médiatique. À Québec, les quelques histoires soulevées qui auraient pu mettre le maire dans l'embarras ont occupé seulement 14 % de cet espace.











