Pour la deuxième fois de la campagne, Équipe Labeaume a convié les journalistes au sommet de la plus haute tour de Québec, l'édifice Marie-Guyart, pour un expéditif bilan de campagne. Dans un discours de 19 minutes suivi de 12 minutes de questions, Régis Labeaume a égrené ses quelque 80 engagements électoraux, leur accolant un coût en argent sonnant, ce qu'il avait refusé de faire jusqu'à maintenant.
Devant l'ampleur de la tâche, le maire sortant reconnaît qu'il devra déborder du prochain mandat pour remplir ses promesses et se donne ainsi six ans pour y arriver. Mais pas question de s'attacher les mains avec un calendrier ou un plan de match précis. Invité à dire avec quelles priorités il commencerait son prochain mandat, M. Labeaume s'est montré évasif. «Lundi, je compte dormir jusqu'à 10 heures.» Et mardi? «Il faut que je regarde mon agenda.»
Même s'il a promis pour près de 270 millions $ en projets, l'incidence sur le budget annuel - de 1,1 milliard $ - ne devrait pas dépasser les 650 000 $, a-t-il assuré. Seuls quelques engagements comme l'école du rock et le bureau de développement social entraîneront des augmentations du budget annuel. Le reste sera porté à la dette à raison de 45 millions $ de projets par année. D'ailleurs, M. Labeaume a réitéré son engagement d'augmenter de 17 % à 20 % le fardeau de la dette sur le budget de la Ville tout en augmentant les taxes au rythme de l'inflation.
«Dépensier compulsif»
Tout comme ces deux dernières années, le Renouveau municipal a insisté sur la propension du maire sortant à déballer les projets. «On réalise le côté dépensier compulsif», dit sa chef Anne Beaulieu. Selon elle, plutôt que d'ajouter pour 45 millions $ en projets chaque année, «il faut couper le plan d'investissement parce qu'on n'a pas les moyens de tout réaliser».
Dressant son propre bilan de campagne, le Renouveau municipal s'est défendu d'avoir été effacé au cours des 44 derniers jours, disant avoir mené «une campagne de terrain». Bref avoir misé davantage sur les poignées de main au porte-à-porte que les apparitions dans les médias. La chef Anne Beaulieu, qui se présente au poste de conseillère dans Sylvain-Lelièvre, estime que le message d'une opposition forte a été bien entendu par les électeurs.
«Les citoyens nous disent qu'il y a trop de projets simultanément sur la table. Ils trouvent que la capacité de réaliser tous ces projets n'est pas là et ils veulent une opposition pour qu'on priorise ces projets.»
Tout comme le maire sortant, Mme Beaulieu n'a pas voulu se mouiller sur le nombre de candidats qui devraient résister à la vague annoncée d'Équipe Labeaume. Reste qu'elle est confiante de conserver le titre d'opposition officielle. «Pour être à l'opposition, il faut au moins un conseiller d'élu et je ne sais pas si le Défi vert saura en faire élire un.»
Mais voilà, la conseillère sortante Anne Guérette (Vieux-Québec?Montcalm) ne verrait pas pourquoi le RMQ formerait seul l'opposition officielle si davantage d'indépendants se faisaient élire. «Je ne trouve pas ça représentatif», dit-elle, plaidant pour une alliance avec les indépendants. Une suggestion à laquelle s'est montrée résolument fermée Mme Beaulieu. «L'opposition, pour être efficace, elle doit travailler en équipe.»
Beauport, le «parent pauvre»
Équipe Labeaume a beau avoir fait pleuvoir les millions de dollars durant la campagne, l'arrondissement de Beauport recevra seulement pour 5,1 millions $ de nouveaux projets (contre de 23 à 53 millions $ pour les autres), selon le bilan de campagne présenté vendredi.
«Révoltant, s'emporte le candidat indépendant Michel Bédard (Robert-Giffard). On fait figure d'enfant pauvre! On est l'arrondissement le plus populeux et, dans le plan Labeaume, on recevrait juste 5 millions $. Il va falloir qu'on se lève pour récupérer l'argent qui nous est dû. C'est décevant.»
Le candidat note l'absence de projets majeurs pour le secteur, comme du stade de soccer intérieur et de l'aréna Gilles-Tremblay. «Il va falloir monter aux barricades parce que ça confirme que les services ont diminué depuis les fusions», poursuit celui qui tente de déloger le conseiller sortant Marc Simoneau.
Déçue, la conseillère sortante Carole Bégin-Giroux, qui tente de conserver son siège dans Chute Montmorency, ne s'en inquiète pas pour autant. «Je vais défendre mes projets. Je ne m'inquiète pas, je vais m'arranger pour les faire passer.»
















