Confirmé maire de Québec, le meilleur job en ville selon lui, M. Labeaume a réussi à demeurer sobre, dimanche soir, devant environ 200 partisans rassemblés au Château Laurier. Volant sur un air disco, il est montré sur l'estrade vers 22h20, entouré de son épouse et de deux de ses trois enfants, non sans avoir obtenu la confirmation que pratiquement tous ses candidats étaient élus.
«Dès demain, nous commençons à façonner la ville que nous voyons d'ici 15 ans», a-t-il lancé, enthousiaste. Cette ville, il la veut d'abord plus verte, mais aussi plus riche, plus performante, plus solidaire et plus sportive. Il a fallu quatre bonnes minutes avant que le maire ne réitère sa promesse d'un nouvel amphithéâtre, ce qui lui a valu de chaleureux applaudissements. Rien de tel quand il a répété que l'augmentation de la taxation avoisinerait le taux d'inflation.
L'homme était visiblement heureux de pouvoir désormais compter sur une équipe, lui qui est parvenu au sommet en solitaire, il y a deux ans. La défaite de deux de ses têtes d'affiche l'affectait d'ailleurs grandement. «On les découvre, on les aime pis on ne veut pas en perdre un», a-t-il dit de ses candidats lors d'un point de presse improvisé.
En 2007, avec 59 % des votes, Régis Labeaume s'était félicité d'avoir reçu un «message clair» de la part des électeurs. Cette fois, avec 80 % des suffrages et 25 postes de conseillers sur 27, il s'est dit détenteur du «mandat fort» qu'il a réclamé en cours de campagne électorale. S'il a refusé de commenter la défaite cuisante du Renouveau municipal de Québec, le maire s'est cependant permis de railler les observateurs qui ont critiqué sa quête d'une majorité forte. «Manifestement, la population ne partage pas cette opinion», a-t-il dit, satisfait du taux de participation, qui dépasse celui enregistré lors de l'élection précédente.
Écoute et empathie
Quant à savoir comment il allait gérer cette ville sans opposition officielle, M. Labeaume s'est montré bon joueur. «Il va falloir, écouter, écouter, écouter, être sensibles, être très ouverts à tous ceux et celles qui ne seront pas d'accord avec nous, avec nos projets. Ça veut dire avoir une espèce d'empathie, je pense», a-t-il détaillé devant les journalistes.
Le politicien a d'ailleurs déjà commencé à assouplir ses positions, en promettant notamment d'entretenir des relations de travail plus harmonieuses avec les employés municipaux, comme le réclamaient les électeurs dans un sondage publié dans Le Soleil.
«J'ai compris le message, très bien d'ailleurs. [...] J'entends modifier mon attitude sans toutefois remettre en question certains principes, tels que la capacité de payer des contribuables et la nécessaire révision des façons de faire de la Ville.»












