La conseillère du district Vieux-Québec-Montcalm, Anne Guérette, dit juste. Et n'allez pas croire que c'est en raison de certaines similitudes physiques avec les personnages d'Uderzo. L'analogie tient au fait qu'Yvon Bussières et elle sont maintenant les représentants des deux seuls districts qui n'ont pas basculé dans le camp Labeaume.
La rencontre avec Le Soleil a lieu sur les plaines d'Abraham dans le district de Mme Guérette, lui-même voisin de celui de M. Bussières, Saint-Sacrement-Belvédère. Pour eux, ces deux districts sont maintenant devenus un peu comme «le village gaulois qui résiste» de la célèbre bande dessinée.
En ce lendemain d'élections, les deux indépendants devraient avoir la tête légère après leur victoire. Toutefois, ils ont des préoccupations financières. Parce qu'ils ne forment pas un parti, ils n'auront droit chacun qu'à 26 000 $ en budget de recherche. Trop peu pour défendre les intérêts de leurs électeurs, juge M. Bussières.
Peu de moyens
«Ça me prend quelqu'un pour m'aider dans mes fonctions au conseil d'arrondissement et pour les dossiers qui décident des grandes orientations de la ville. Présentement, je peux juste me fier aux sommaires décisionnels du comité exécutif. Pour pouvoir s'approprier les grands dossiers ville, ça prend de l'opposition, dit M. Bussières. Et si on veut faire de l'opposition, ça prend l'argumentaire. Le maire a de l'information privilégiée à laquelle on n'aura pas accès pour pouvoir faire une critique. En ce moment, j'ai quelqu'un à deux jours par semaine qui s'occupe de mes dossiers d'arrondissement ou de district. Si c'est pertinent d'avoir un tramway à Québec ou de savoir s'il faut fermer l'incinérateur, à deux jours par semaine, la personne n'est pas capable de fournir ce travail-là.»
Dans ces circonstances, il n'est pas étonnant que Mme Guérette et M. Bussières aient convenu, après une conversation téléphonique tenue hier matin, de trouver une solution commune à leur problème de financement. «C'est une situation exceptionnelle qui mérite peut-être une organisation exceptionnelle. On va s'asseoir. On va regarder ce qu'on a besoin comme ressources humaines et matérielles pour bien travailler et on va s'asseoir avec le comité exécutif et M. le maire. Et si ça ne fonctionne pas, on verra ce qu'on fait. Au minimum, ça nous prendrait une secrétaire pour nous deux et chacun au moins une ressource humaine à temps plein», indique Mme Guérette.
«On va vivre ça jour par jour. Si on voit que ce n'est pas vivable et qu'on n'est pas capable de faire notre travail adéquatement [...] C'est une situation particulière. La loi n'a jamais prévu ça. Est-ce que c'est possible de nous aménager quelque chose?», questionne M. Bussières.
Ce dernier reproche au législateur provincial d'avoir avantagé le financement des partis au détriment des conseillers indépendants. «La loi a un préjudice favorable pour les partis politiques. Actuellement, elle souhaite que les villes puissent avoir des partis politiques pour avoir une diversité d'opinions et un débat diversifié. Mais là, on est une ville à parti unique et la loi ne prévoit pas ça. C'est un cas de figure», soutient-il, laissant entendre que le ministre des Affaires municipales pourrait être interpellé.
Les deux conseillers profitent de l'occasion pour préciser le rôle qu'ils joueront au conseil de ville. «On n'a pas le mandat de la population pour être l'opposition officielle. Y'en a pu, d'opposition officielle. Les citoyens n'en veulent pas et on ne veut pas l'être non plus», soulève M. Bussières.
«Nous représentons des districts que tous les citoyens de la ville aiment et qui appartiennent un peu à tous parce que les gens viennent sur les Plaines, sur la Grande Allée. Nous tenterons d'avoir un impact positif sur les citoyens de l'ensemble de Québec. De là à dire que [nous interviendrons] s'il y a des prolongements de rue ou des démolitions d'arénas à Val-Bélair, c'est impossible pour nous de se prononcer là-dessus», conclut Mme Guérette.














