Harper bombardé, Dion surprend

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Harper bombardé, Dion surprend

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REUTERS

Julie Lemieux
Le Soleil

Le premier ministre Stephen Harper a été la cible de tirs groupés de la part de tous ses opposants, mercredi, lors du débat des chefs en français. Un front commun qui a placé le chef conservateur sur la défensive et qui a permis au libéral Stéphane Dion de se tailler une place de choix dans ce débat.

Bombardé de toutes parts, le premier ministre a tenté de défendre son bilan à la tête du pays en gardant son calme. Ses réponses courtes et souvent imprécises ont toutefois laissé beaucoup de glace à ses opposants, qui n'ont pas manqué une occasion de contredire ses affirmations.

L'environnement

Le sujet de l'environnement a pris une place importante dans les échanges, damant le pion à l'économie et à la culture. M. Harper s'est fait accuser à maintes reprises d'enrichir les grandes pétrolières, de ne pas respecter Kyoto, de présenter à la population un plan de réduction des gaz à effet de serre qui fait la honte du Canada à l'étranger.

«Vous ne comprenez pas que la crise est sérieuse, que c'est urgent. Votre plan est une sorte de fraude», a lancé la chef du Parti vert, Elizabeth May. «Vous êtes le seul chef de pays à avoir une approche de la sorte», a soutenu le chef du NDP, Jack Layton. «Personne n'y croit (à ce plan) et vous n'y croyez pas vous-même», a renchéri Stéphane Dion. Pour le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, le principe de M. Harper en matière d'environnement se résume au «pollueur payé», et non au pollueur-payeur.

Sur un autre front, le premier ministre a aussi été accusé d'être antidémocratique et de faire constamment de la politique partisane. M. Harper a soutenu au cours d'un échange que c'était un libéral qui avait rédigé l'éditorial de l'Association médicale canadienne sur la crise de la listériose. Un écrit très critique envers les conservateurs. «C'est lamentable», s'est exclamé Stéphane Dion.

L'économie

Sur le plan économique, le premier ministre a admis que la crise qui sévit aux États-Unis est inquiétante. Mais il a ajouté que le Canada n'avait pas à craindre l'avenir puisque la situation au pays était fort différente. Une attitude et un laisser-aller irresponsables, ont rétorqué ses opposants. Le chef libéral a indiqué que le Canada devrait lui aussi avoir un plan pour réagir d'urgence à une crise éventuelle. S'il était élu, M. Dion affirme qu'il réunirait dans les 30 premiers jours de son mandat les grandes agences comme la Banque du Canada afin d'obtenir leurs recommandations pour stimuler l'économie. «Le rôle d'un gouvernement, c'est d'agir», a-t-il lancé, en précisant qu'il était le seul chef à avoir un plan à cet égard.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a pour sa part soutenu que la meilleure façon d'éviter le pire sur le plan économique était d'empêcher les conservateurs de gagner une majorité de sièges à la Chambre des communes. Mais selon Stephen Harper, le Canada ne pourra pas plonger dans une crise similaire à celle des États-Unis tant qu'il sera «sur la bonne voie».

Les chefs de parti ont par ailleurs vécu une étrange accalmie pendant ces échanges musclés lorsqu'ils se sont pliés à l'exercice de faire un compliment à l'adversaire assis à leur gauche. Bizarre de les entendre ainsi se lancer des fleurs.

Cet épisode plus humain a toutefois été de courte durée et M. Harper a de nouveau été la cible de ses opposants lorsqu'il a été question de l'importance du respect entre les chefs.

«Ça a été beaucoup trop loin avec le Bloc québécois. Vous avez remis en question le choix démocratique des Québécois», a lancé Gilles Duceppe.

Le dossier des compressions budgétaires dans la culture a aussi suscité de vifs débats entre les candidats. Stéphane Dion a affirmé que le chef conservateur intimidait les artistes en leur refusant le droit de dénoncer ces réductions de budget dans un gala subventionné par Ottawa. «Ils peuvent le dire, mais ce n'est pas vrai», a rétorqué M. Harper. Le premier ministre a refusé de qualifier les artistes d'enfants gâtés. «Ils travaillent fort, comme tout le monde», a-t-il soutenu.

À quelques reprises, le premier ministre a tenté de se défendre en accusant des adversaires de faire de la désinformation. Mais les mots ne lui venaient pas facilement. Tout le contraire de Stéphane Dion, qui était intarissable et parlait avec conviction. De toute évidence, le chef libéral était à l'aise avec la formule adoptée pour ce débat, plus intimiste et conviviale qu'à l'habitude.

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