Les chefs de l'opposition se sont peu préoccupé les uns des autres, jeudi, sinon pour se reprocher d'avoir déjà appuyé le premier ministre lors d'un vote aux Communes. L'étiquette d'un premier ministre à la botte de la Maison-Blanche de George W. Bush a été accolée à Stephen Harper à profusion.
Le libéral Stéphane Dion a ouvert le feu en reprochant au conservateur de ne pas avoir de plan d'avenir économique pour le Canada. Le néo-démocrate Jack Layton a accusé le conservateur de ne se préoccuper que des grandes pétrolières.
M. Harper a réitéré que notre situation économique ne se compare pas à celle au sud de la frontière. Son gouvernement, a-t-il dit, a fait le bon choix en diminuant les taxes et en investissant dans les infrastructures pour créer de l'emploi. Il a aussi accusé Stéphane Dion ? qui s'est bien débrouillé en anglais ? d'avoir improvisé la veille un plan économique irréaliste.
Le bloquiste Gilles Duceppe a décrié une approche économique conservatrice misant, comme le président américain, sur «la main invisible» qui ne sert que les intérêts des pétrolières. M. Duceppe n'a jamais prononcé le mot souveraineté pendant la soirée et personne n'a soulevé l'enjeu. La plupart de ses interventions visaient à présenter les enjeux à travers le prisme du Québec.
Plus à l'aise dans leur langue maternelle, les Harper, Layton et May ont mené un débat plus incisif. «Vous êtes sur la voie qui a mené les États-Unis à la déroute, a lancé M. Layton. Soit vous vous en foutez, soit vous êtes incompétent.»
Soulager les entreprises d'une partie de leur fardeau fiscal est la meilleure façon de supporter le marché boursier, a soutenu M. Harper, et ainsi de protéger les placements et l'épargne des Canadiens.
Environnement
Dans le segment sur l'environnement, «c'est de la mauvaise philosophie économique que de penser que déverser la pollution est gratuit», a lancé Mme May. Stephen Harper a contre-attaqué sur le Plan vert du PLC. Les taxes qu'il générera doubleront le montant des baisses que les libéraux accorderont en contrepartie. «C'est un mensonge, s'est insurgé M. Dion. Ne croyez pas cet homme.» M. Harper, élu en Alberta, a été isolé sur la question de l'exploitation des sables bitumineux.
Le volet santé a été marqué par un «coup bas» de M. Harper. Après s'être fait taxer de vouloir détruire le système de santé public, le chef conservateur a dit être le seul chef à «utiliser exclusivement ce système». Une référence à une visite de M. Layton dans une clinique privée, dont le coût a été remboursé par le secteur public.
Les échanges sur la culture ont donné lieu aux mots les plus durs. «M. Harper considère les artistes comme des ennemis», a laissé tomber gravement M. Dion. Pour Gilles Duceppe, les coupes en culture ne sont pas «une décision économique, mais idéologique». «Vous essayez, a repris Jack Layton, de censurer» les artistes, «surtout ceux qui vous critiquent».
«Donnez-moi un exemple», a répliqué Stephen Harper. Selon lui, ce qui a été coupé, ce sont des programmes qui ne donnaient pas de résultat. «Il n'y a pas d'agenda idéologique.»
Comme il l'avait fait la veille, le premier ministre Harper a tenu son bout sur la question des peines plus sévères aux jeunes contrevenants.
Au modérateur qui lui demandait si le Canada pouvait quitter l'Afghanistan si le travail n'est pas terminé en 2011, M. Harper a rétorqué par une question : «Le travail sera-t-il terminé un jour, même si on quitte jamais?»
La dernier sujet abordé est le reflet d'une majorité des 45 000 courriels de citoyens reçus par la CBC. Les Canadiens sont «tannés» des promesses brisées des politiciens. À tour de rôle, les cinq chefs ont suggéré que l'enfer, ce sont les autres... leaders.














