La porte-parole du caucus régional du Parti conservateur, Josée Verner, s'est bien défendue de sentir la soupe chaude en orchestrant ainsi une sortie de groupe massive à quelques jours du scrutin.
«Non, on ne sent pas la soupe chaude. Il n'est pas étonnant que plusieurs candidats du Bloc aient fait des conférences de presse sur des enjeux insignifiants. Pour nous, comme potentiel gouvernement à Ottawa, l'important était de travailler avec la population, avec nos électeurs», a-t-elle expliqué.
Remontée du Bloc
Selon Mme Verner, il ne serait pas étonnant que le premier ministre Stephen Harper décide de venir à nouveau dans la capitale en fin de semaine.
Mais il ne faudrait pas croire que ces efforts de dernière minute soient motivés par les plus récents sondages, qui démontrent une remontée du Bloc dans la région, ajoute-t-elle, en citant d'autres enquêtes prouvant exactement le contraire.
Oubliez la plateforme électorale qu'avaient promise les candidats conservateurs en début de campagne. Le caucus a en effet décidé de renoncer à cette habitude électorale et de ne faire qu'une seule promesse : livrer les projets qui seront «priorisés» par les gens de la région afin que Québec garde sa position de chef de file. Les conservateurs ont expliqué qu'ils ne veulent pas se mettre «au niveau du Bloc» en présentant une plateforme pendant cette campagne.
«C'est la spécialité du Bloc. Nous, on veut regarder l'ensemble des projets qui nous seront fournis par les décideurs et par la population. Et sur la foi de notre bilan, le passé étant garant de l'avenir, d'après moi, on va livrer des résultats concrets pour la région. On veut aller plus loin que le Bloc. On pense que les Québécois méritent mieux que ça», a soutenu Mme Verner.
La ministre du Patrimoine n'a pas fait grand cas des commentaires du maire de Québec, Régis Labeaume, qui déplore l'absence d'une plateforme conservatrice pour cette campagne. «C'est la façon de faire de M. Labeaume. Je comprends qu'il a donné différents points de vue, mais ce sont ses points de vue. Il mènera sa campagne à sa façon et nous mènerons la nôtre à notre façon.»
Mme Verner a ajouté que la moitié des projets inclus dans la liste d'épicerie du maire Labeaume étaient déjà «sur les rails». Et que le reste de ces propositions devraient faire l'objet d'une négociation avec le gouvernement du Québec dans le cadre du programme Chantiers Canada.
Les candidats conservateurs se sont bien défendus d'être absents sur le terrain et d'avoir les mains liées par leur chef. Selon Mme Verner, la plupart d'entre eux ont participé à des débats et ont accepté des entrevues avec les médias. À cet égard, elle a particulièrement défendu la candidate dans Beauport-Limoilou, Sylvie Boucher, qui a fait l'objet d'un avis de recherche du Bloc québécois sur des berlingots de lait, cette semaine.
Mme Verner a aussi pris la défense de son collègue Jean-Pierre Blackburn, qui se chicane par médias interposés avec le maire Labeaume au sujet des compressions budgétaires dans les organismes de développement économique. «À sa décharge, M. Blackburn n'a pas coupé les fonds disponibles pour le développement économique dans la région de Québec. (...) Il n'y a pas de compressions. Il n'y a aucune somme d'argent qui va retourner dans le fonds consolidé. Les fonds seront alloués de façon différente, mais ils sont ici pour la région de Québec.»
Députés peu loquaces
Les autres députés sortants se sont montrés peu loquaces pendant cette conférence de presse et ont préféré laisser la parole à Josée Verner. L'événement a été fortement perturbé par des manifestants de Greenpeace et surtout, de l'Association pour la défense des droits et l'inclusion des personnes qui consomment des drogues du Québec (ADDICQ). Cette organisation a dénoncé bruyamment les politiques des conservateurs envers les drogués et les revendeurs de drogues, des gens «qui n'ont pas leur place près des enfants et des familles», selon une publicité du Parti.














