Un débat à deux candidats seulement, puisque le député sortant de Louis-Hébert avait répondu oui au défi lancé par le candidat du Bloc québécois, Pascal-Pierre Paillé. Le député Harvey s'est montré arrogant, parfois même méprisant à l'endroit de son adversaire, qui a dénoncé cette façon de faire de la vieille politique.
«Vu que je suis au gouvernement, je ne peux pas dire de niaiseries», de lancer M. Harvey à son opposant alors que les deux politiciens s'asticotaient sur les gaz à effet de serre. Selon M. Paillé, les GES ont diminué de 2 % au Québec depuis la signature du Protocole de Kyoto. Selon «la réalité» du député conservateur, le Québec serait encore à 11,5 % au-dessus des objectifs du Protocole.
Pont de Québec
Dans sa plate-forme régionale, le Bloc propose l'achèvement des travaux sur le pont de Québec. M. Paillé reproche d'ailleurs au député Harvey et aux conservateurs d'arriver trop tard avec leur plate-forme électorale. «Vous avez manqué le TGV», de lancer le candidat du Bloc.
«Toutes les promesses électorales du Bloc sont des chèques sans provision», de dire le député Harvey. «Le Bloc est dans l'opposition depuis 18 ans à Ottawa, et qu'est-ce qu'il a fait pour le pont de Québec?», de demander M. Harvey. «M. Clavet (député du Bloc québécois dans Louis-Hébert avant 2006) était là avant moi, qu'est-ce qu'il a fait pour le pont?», renchérit M. Harvey.
Selon un document en anglais, l'Agence de développement économique du Canada aurait investi 69 millions $ dans Louis-Hébert depuis que Luc Harvey en est le député.
Huée des étudiants
«C'est en anglais. Je ne sais pas si vous comprenez l'anglais, je vais vous le lire», de lancer M. Harvey à son opposant. Une remarque qui lui a valu les huées d'étudiants du Cégep de Sainte-Foy, où se déroulait le débat.
Un peu plus tard, alors qu'il était question de la présence militaire canadienne en Afghanistan, M. Harvey a commencé à expliquer au candidat du Bloc ce que sont les Nations unies. C'en était trop pour le candidat du Bloc.
«Depuis le début du débat, vous me parlez comme si je ne connaissais pas mes dossiers. Je considère que c'est un manque de respect envers moi», de répliquer M. Paillé. C'est une façon de faire de la politique dont les gens ne veulent plus, d'ajouter le candidat du Bloc.
Démentant encore une fois des chiffres de son adversaire, M. Harvey affirme que les conservateurs ont investi 9,1 milliards $ pour la recherche sur les biocarburants. C'est cinq fois plus d'argent en quatre fois moins de temps que la performance des libéraux en huit ans, dit-il.
Des biocarburants de première et de deuxième génération, de préciser le député conservateur. «Peut-être que je pourrais donner un cours, le filmer, et vous l'envoyer», de dire M. Harvey à son opposant, qui encore une fois n'a pas apprécié la remarque désobligeante.
Selon le candidat du Bloc, son opposant a fait la preuve que ce genre de discours ne rejoint plus les gens.
Traçant son bilan, le député Harvey affirme que jamais en deux ans, de mémoire de politiciens, on a vu à Québec autant de dossiers se régler depuis le début de l'histoire de la ville.













