Une campagne électorale «je, me, moi»

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Patricia Cloutier, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Habitués de soigner leur image dans les journaux et à la télé, les politiciens ont appliqué la même recette sur le Web dans la campagne électorale fédérale qui se termine aujourd'hui. Sauf que ça n'a pas fonctionné. La prochaine fois, ils feraient mieux de prendre exemple sur Barack Obama.

Le conseil vient de Michelle Blanc, spécialiste montréalaise du marketing Web. Selon elle, seul le Bloc québécois a fait une campagne acceptable sur la Toile, avec son blogue non censuré et son équipe «d'écrivains fantômes» qui répondaient personnellement aux questions des internautes au nom du chef.

Le Parti vert a aussi fait un bel effort, en étant actif sur les sites de réseautage social comme Facebook et Twitter.

Les chefs des autres partis se sont contentés d'inonder leurs sites Web respectifs de vidéos promotionnelles, d'images d'eux avec leur famille et de discours officiels en espérant que ceux-ci se retrouveraient ailleurs sur Internet. De la communication à sens unique, quoi!

Le site du Parti conservateur, par exemple, peut se targuer d'être le plus complet et le plus beau. «Mais quand t'as eu une grosse journée, est-ce que t'as le goût de revoir les mêmes inepties qui ont été dites aux nouvelles ad nauseam?», demande Mme Blanc.

Bien sûr que non. C'est pourquoi les internautes sont plus enclins à répandre du contenu original qu'à se faire mettre les mots dans la bouche. «Pour être efficace sur Internet, il faut accepter une perte de contrôle et même embrasser cette perte de contrôle», soutient Mme Blanc.

Des coups de fil aux quartiers généraux des différents partis nous ont permis d'apprendre qu'il y avait une volonté de bien faire sur Internet. Le Parti libéral, le Bloc québécois et le Parti vert ont accordé plus de ressources humaines que jamais à leur campagne Web : une dizaine de personnes dans chaque cas. Et ils sont très satisfaits de l'achalandage sur leurs sites. Chez les conservateurs, on a refusé de répondre à la question pour des raisons de stratégie et le Nouveau Parti démocratique ne nous a pas rappelés.

Maintenant, jetons un oeil à la façon dont Barack Obama, candidat démocrate à la présidentielle américaine, utilise les nouveaux médias. Pour la convention démocrate, son parti a accrédité des centaines de blogueurs au même titre que les journalistes, il a annoncé le choix de son candidat à la vice-présidence, Joe Biden, par message texte, et il se servira des contacts que ses militants ont enregistrés dans leur téléphone cellulaire pour faire sortir le vote le 4 novembre.

Une vision du futur pour les campagnes électorales canadiennes? Probablement.

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