L'Ontario, véritable château fort libéral qui a déjà donné 101 des 103 sièges de la province (en 1997), s'avérait la véritable énigme de cette élection. Le Parti conservateur a réussi une autre percée importante en allant chercher 11 députés de plus, à 51. Et le Nouveau parti démocratique a aussi bien fait, passant de 12 à 17 sièges. Le PLC a perdu 8 % des voix.
Le bouillant député Garth Turner, d'abord élu comme conservateur avant de se joindre au PLC, a perdu Halton alors que les libéraux ont été incapables de conserver Nickel Belt, qui était détenu par Raymond Bonin.
Au Québec, le mal-aimé Stéphane Dion, auteur de la loi sur la clarté référendaire, n'a pas fait de gain significatif, avec 2 % des voix de plus. Il s'agit du deuxième plus faible appui depuis la Confédération, en 1867, après l'élection de 2006 (20,8 % du vote).
Le PLC a terminé la soirée avec le même nombre d'élus, 13. Justin Trudeau, Marc Garneau, Marcel Proulx ont été élus, mais Sébastien Dhavernas (devant Thomas Mulcair) et Denis Paradis ont plié l'échine. Seul John Turner a fait pire au Québec, en 1988, avec 12 députés québécois.
M. Dion a basé sa campagne sur l'environnement et la réduction des gaz à effet de serre, dont l'idée maîtresse était une taxe sur le carbone et des retours d'impôt. Mais dans le contexte d'une crise économique, la proposition a fait peur aux régions plus durement touchées. Les députés ont eu de la difficulté à l'expliquer aux électeurs, selon plusieurs candidats.
À preuve, la soirée a bien mal commencé avec les résultats des provinces maritimes. Les libéraux ont perdu cinq sièges, dont trois au Nouveau-Brunswick. En Nouvelle-Écosse, le controversé député de Nova-Ouest, Robert Thibault, élu pour la première fois en 2000, a subi la défaite. À l'Île, les libéraux ont perdu une des quatre circonscriptions pour la première fois depuis 1984.
Mince consolation, la campagne «Tout sauf les conservateurs» du premier ministre de Terre-Neuve, Danny Williams, a permis aux libéraux de faire deux gains, remportant six des sept sièges de la province.
À la dernière élection générale, en 2006, le scandale des commandites avait frappé de plein fouet le PLC, surtout au Québec. Ils passaient de 21 à 13 sièges, mais le chef Paul Martin avait quand même réussi à sauver les meubles au niveau canadien avec 103 sièges. C'était une trentaine de moins qu'à l'élection précédente, mais Stéphane Dion a fait encore pire, ce dont plusieurs se doutaient au moment où Stephen Harper a déclenché les élections.
Bob Rae et Michael Ignatieff peuvent déjà s'activer pour la prochaine campagne à la chefferie du PLC.











