Fils d'un Congolais noir et d'une Québécoise blanche, «souverainistes depuis toujours», l'avocat de formation se dit souverainiste «convaincu». Il admet toutefois, comme Pauline Marois, qu'il vaut mieux mettre la souveraineté en veilleuse pour cette fois. «L'électorat n'est pas prêt en ce moment. Il y a d'autres enjeux plus importants», a-t-il déclaré en entrevue au Soleil.
M. Likongo a vécu les six premières années de sa vie à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Ses parents sont revenus s'établir à Montréal ensuite.
C'est là qu'il a tâté de la politique pour la première fois. En 1993, il est devenu secrétaire de l'exécutif dans Pointe-aux-Trembles. M. Likongo a recommencé à militer en 2000 lorsqu'il s'est établi à Québec pour occuper un emploi au ministère des Relations internationales.
Prévenu qu'il y avait peu de minorités visibles, il s'est établi ici avec une certaine appréhension, qui s'est avérée non fondée. «C'est plus de la curiosité que quoi que ce soit. Je me suis bien intégré», explique-t-il.
Le candidat n'entend pas jouer la carte Barack Obama, dont le père est Kenyan et la mère blanche. «Il y a des gens qui font des rapprochements, mais ça s'arrête là. Même si, comme bien des gens, j'ai été épaté par sa performance.»
Le premier candidat noir de la région, jusqu'à preuve du contraire, n'a pas senti ces derniers jours que «ça pouvait (le) désavantager» aux élections. Mais il ne se fait pas trop d'illusions. Parce que Jean-Talon est le château fort libéral à Québec et que son adversaire est Yves Bolduc. «C'est un beau défi. On pourrait causer une belle surprise. Je vais travailler à améliorer le pointage du PQ et à me faire connaître. Advenant une défaite, je ne compte pas m'arrêter là», soutient celui qui se décrit volontiers comme un social-démocrate.
Lors des deux dernières élections, les candidates du PQ ont récolté 30 % des voix. Diane Lavallée avait toutefois réalisé une performance exceptionnelle en 1994, avec 44 % des votes, perdant l'élection par 25 voix devant Margaret Delisle. En 1998, Daniel Mercier-Gouin en avait fait autant, pliant l'échine par 156 voix.
Jugeant qu'il s'agit d'une «excellente candidature», Hubert Crépault, le président de l'exécutif du PQ dans Jean-Talon, estime que plus les libéraux vont promener M. Bolduc à l'extérieur, plus grandes seront les chances de Neko Likongo de se faufiler. Il faut aussi compter que sa candidature pourrait susciter l'adhésion de la diaspora africaine, largement concentrée à l'Université Laval, dans la circonscription de Jean-Talon.










