«Ils ne m'ont pas beaucoup ménagée» - Pauline Marois

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«Ils ne m\'ont pas beaucoup ménagée» - Pauline Marois

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La chef du Parti québécois, Pauline Marois, considère que certaines railleries, notamment sur l'apparence, ne sont dirigées qu'envers les femmes.

Photothèque Le Soleil

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Dans l'arène politique, le fait d'être une femme ne confère pas exactement un genre d'immunité contre les assauts partisans. Parlez-en à Pauline Marois. La chef du PQ se sent tout aussi durement attaquée que les hommes. Mais différemment.

«Ils ne m'ont pas beaucoup ménagée à l'Assemblée nationale, vous savez», fait remarquer la chef du Parti québécois. Ses adversaires «utilisent peut-être un langage un peu moins guerrier. Mais les coups pleuvent tout autant.»

De son affrontement parlementaire avec le premier ministre Jean Charest, elle retient que «lorsque je l'atteins (durant un échange), il devient tout aussi agressif (qu'avec les autres élus). Il y a peut-être une espèce de suffisance», glisse-t-elle.

La politicienne dont la toute première élection remonte à 1981 concède que ses opposants doivent faire attention de ne pas la traiter sur un ton condescendant. «Ils évitent cela parce que cela leur nuirait, à l'évidence.

«S'ils se mettaient à dire, ?on sait bien, une pauvre femme, c'est pas capable de gérer l'économie?, ce serait très impardonnable.» Mme Marois note que «j'ai l'impression qu'il (Jean Charest) a été très prudent à ce sujet».

Mais il est des sorties qu'elle ne peut imaginer que dirigées contre une femme. En tête de liste, l'apparence. La chef de parti a souvent été l'objet de railleries des médias et des adversaires, portant sur sa garde-robe. «Il (me) faut être très prudente» sur ce qui touche son image, laisse-t-elle tomber.

Elle ne se voit pas comme un cas unique. Loin de là. Ségolène Royal, la candidate à l'élection présidentielle française, et Hillary Clinton, lorsqu'elle était la première dame des États-Unis sous le règne de son mari Bill Clinton, ont subi des critiques vestimentaires. Et de se rappeler l'épisode du foulard Armani de la ministre libérale Monique Jérôme-Forget. Autant de reproches que ne reçoivent pas les hommes, suggère-t-elle.

Mme Marois n'est pas loin de se demander si son statut de femme politicienne n'a pas amené les libéraux à être aussi virulents dans leur charge contre Claude Blanchet, son conjoint. Jean Charest ne rate jamais une occasion de rappeler qu'elle est la femme de l'ex-pdg de la Société générale de financement (SGF) à qui le gouvernement libéral attribue une gestion catastrophique, au début de la décennie, de la SGF.

«M. Charest a pourtant littéralement piqué une crise» lorsque la députée péquiste Elsie Lefebvre avait insinué que la conjointe du premier ministre, Michèle Dionne, avait exercé des pressions sur la Croix-Rouge. Le chef libéral avait dû s'excuser d'avoir laissé tomber le mot chienne, en pleine Assemblée nationale.

«Il ne se prive pas dans mon cas (de lancer des allégations contre M. Blanchet), estime-t-elle. C'est plus grave quand c'est sa conjointe.»

La chef du PQ prend garde d'avancer que les journalistes ont un comportement différent avec elle, du fait qu'elle est une femme. «Je ne peux pas savoir comment vous seriez si j'étais un gars.»

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