Moderne, l'ADQ? On pourrait bien le croire. Ne parle-t-on pas d'une jeune formation politique qui se dit tournée vers l'avenir, branchée sur les nouvelles réalités? Et pourtant...
Les journalistes ont eu toute la misère du monde à faire parvenir leurs textes et leurs reportages radio dans un temps raisonnable parce que le *&?%$#@! Wi-Fi ne fonctionnait pas à moitié. Malgré les plaintes, malgré les crises de nerf, malgré les menaces, la situation a perduré assez longtemps pour que la tension devienne palpable à bord. Heureusement que les journalistes sont reconnus pour leur sens de l'humour bien aiguisé...
La réponse à ce problème d'une des administratrices de l'ADQ a d'ailleurs fait beaucoup de chemin côté humour. «Je ne comprends pas pourquoi ça ne fonctionne pas, parce que ça marchait très bien l'année passée», a affirmé cette dame à un collègue qui n'en revient pas encore.
L'année passée? Comme si Internet n'évoluait pas à la vitesse grand I, comme si l'on pouvait se fier aux technologies d'hier pour régler les problèmes d'aujourd'hui. La réplique restera dans les annales, c'est certain. On la récitera encore dans les autobus au prochain scrutin. C'est qu'ils sont des excellents imitateurs ces journalistes, vous savez.
Autre sujet de frustration : la difficulté d'avoir un tête-à-tête avec les candidats moins connus de l'ADQ. Dès que vous osez vous approcher de l'un d'entre eux pour lui poser des questions dans l'intimité, une ombre se profile dans votre dos, et une enregistreuse apparaît sous votre menton. On dirait des anciens détenus en liberté surveillée.
Les pauvres bougres se mettent à bafouiller et à réciter la cassette du parti en disant «Mario» au moins quatre fois dans la même phrase pour faire honneur au chef. Impossible de leur tirer les vers du nez. Et il ne faut surtout pas que l'entretien se prolonge parce qu'on les tire rapidement par la manche pour qu'ils retrouvent le confort de l'ombre adéquiste.
Il y a tout de même quelques exceptions à la règle : Éric Caire, Sylvain Légaré, Gilles Taillon et Sébastien Proulx ont le droit de s'exprimer presque librement. Mario Charpentier aurait pu faire partie du lot, mais avec sa sortie contre la hausse du salaire minimum, la paresse des policiers et le «frisé» Jean Charest, il y a fort à parier que ses sorties en solitaire seront plutôt rares pendant la campagne.
«Donnez-vous le pouvoir.» Voilà le slogan de l'ADQ. Mais «Donnez-leur le pouvoir» serait sans doute plus approprié. Donnez à vos candidats le pouvoir de parler sans se faire épier, rabrouer. Le pouvoir de se présenter devant les journalistes et de s'exprimer en leur nom. Ils doivent bien avoir des idées. Non?









