Rassemblement du PQ sans anicroche

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Michel Corbeil
Le Soleil

(Montréal) La poignée de sympathisants de l'ex-député Jean-Claude St-André, écarté par son propre parti de l'investiture dans L'Assomption, n'a pas réussi à troubler le premier grand rassemblement des partisans de la chef péquiste Pauline Marois.

Hier, quelque 500 personnes ont réservé un accueil bruyant à la leader du Parti québécois. Réunis dans un gymnase situé dans Gouin, une circonscription couvrant un quartier populaire du centre de Montréal, les militants ont eu droit au nouveau jingle du PQ pour les élections.Le thème musical, que les organisateurs font traditionnellement jouer à tue-tête lors des ralliements politiques, ne reprend pas le slogan de la campagne comme cela est souvent le cas.

Le rythme est aussi moins «pesant» qu'à l'habitude. La chanson se veut une ballade rock. Elle est interprétée par Emmanuel Bilodeau. Il s'agit du comédien qui a incarné à l'écran René Lévesque, le fondateur du PQ.

Jacques Parizeau, l'ex-premier ministre péquiste et souverainiste de la première heure, a livré un témoignage sur vidéo. L'événement a été l'occasion de réunir les 28 candidats du PQ à Montréal.

Le député péquiste de l'endroit, Nicolas Girard, a repris à son compte une attaque que lance souvent Pauline Marois. Le premier ministre Jean Charest a déclenché des élections «pour garder son emploi. Il faudra voter en grand nombre pour s'assurer que ce soit sa dernière erreur politique».

M. Girard en a profité pour accuser de favoritisme la libérale Michelle Courchesne. La ministre responsable du réseau de garderies a annoncé la création de places, cet automne, a-t-il rappelé.

Les besoins pour les services de garde à Laval, que représente Mme Courchesne, ont été remplis à 100 %, tandis qu'ils ne l'ont été qu'à 36 % sur l'île de Montréal, a attaqué M. Girard. «On peut se poser de sérieuses questions sur l'éthique libérale.»

Poignée d'opposants

Pour se rendre à la réunion de ses supporteurs, Pauline Marois a traversé sans y prêter la moindre attention une haie très clairsemée d'opposants. Une quinzaine de personnes tout au plus ont manifesté leur désapprobation face à la décision du PQ d'écarter l'ancien député St-André comme candidat dans L'Assomption.

La veille, une échauffourée a éclaté entre partisans de M. St-André, un irréductible membre de l'aile des purs et durs de l'indépendance du Québec, et ses militants de l'Assomption, qui ont endossé la candidature de Scott MacKay, l'ex-chef du Parti vert du Québec.

Hier, rien de semblable ne s'est produit. Quelques péquistes ont écopé de l'insulte suprême, pour eux, d'être des «fédéralistes». Quelques slogans ont été scandés - «Solidarité pour St-André/ Ensemble, nous vaincrons». Mais aucun accrochage à signaler.

Les contestataires ont manifesté sous le drapeau du Québec et celui des Patriotes de 1837. Même s'il concède que le PQ ne retraitera sur sa décision, le porte-parole des pro-St-André, François Gendron, a affirmé que si «Mme Marois veut tasser les indépendantistes. Elle doit s'attendre à ce qu'on réplique».

Contestation décriée

La contestation n'a pas été au goût de tous les militants, même dans cette formation où la dissidence est dans l'ordre des choses. Plusieurs péquistes ont souligné que Jean-Claude St-André n'a pas voulu se rallier à la décision des militants du Parti d'abandonner l'obligation de tenir un référendum au cours du prochain mandat du PQ.

«S'ils ne veulent pas se rallier, qu'ils créent un parti, qu'ils se présentent et c'est tout, a laissé tomber Patrick Scenno. Cela n'a pas d'allure de se faire insulter de fédéraliste. Je ne l'accepte pas.»

La chicane a évidemment gagné Internet. Un collaborateur du site Vigile.net, voué à la souveraineté, y est allé d'une charge contre «la Dame de fer du PQ», Mme Marois. Une émule de la Dame de fer britannique Margaret Thatcher. Depuis que Pauline Marois est chef, «elle a écrasé tous ceux qui ne pensent pas comme elle».

 

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