«Aujourd'hui (hier), les gens se sont parlés, a indiqué Jean Charest, en soirée. Ils vont continuer à le faire, et je veux qu'on puisse avoir un débat. Si les gens se parlent, c'est parce qu'il y a une ouverture. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s'entendre.»Pourtant, plus tôt en journée, M. Charest était prêt à bouder le débat organisé par le consortium, quitte à le faire sur les ondes du canal parlementaire ou ailleurs, parce que les changements apportés à la formule traditionnelle ne lui plaisent pas. Les diffuseurs Radio-Canada, TVA et Télé-Québec ont préféré la formule table ronde du débat des chefs fédéraux, avec l'animateur Stéphan Bureau qui dirigeait les échanges. Exit les lutrins et les échanges à un contre un.
«Les observateurs n'ont pas aimé la formule et moi non plus, a indiqué M. Charest. C'était plutôt statique et assez cacophonique. Ça n'a pas donné de résultats aussi probants qu'en 2007 ou 2003.»
Selon lui, la «formule fédérale» ne permet pas de confronter les idées et d'aller au fond des choses aussi bien que la façon de faire traditionnelle. Le cabinet de M. Charest a noté que les cotes d'écoute des débats provinciaux ont été toujours meilleures que celles au fédéral.
Toutefois, note Denis Pellerin, porte-parole du consortium, les gens sont restés devant leur téléviseur beaucoup plus longtemps qu'auparavant avec la nouvelle formule. «C'est beaucoup plus souple, plus dynamique et ça permet beaucoup d'échanges, plaide-t-il. Ç'a été démontré que l'intérêt a été davantage soutenu. C'est une formule plus intéressante à regarder à la télévision et qui offre un contenu intéressant pour les citoyens.»
Dimanche soir, le consortium a publié un communiqué pour dénoncer l'impasse dans les négociations sur la formule du débat des chefs. Hier, autant le PLQ que le consortium se sont accusés d'être campés sur leurs positions et de refuser de négocier un compromis. Ils semblent maintenant plus enclins à se parler. Le débat doit avoir lieu le 25 novembre.
«Arrogance»
Les partis d'opposition ont vu dans l'attitude de Jean Charest une nouvelle démonstration de «l'arrogance» dont ils taxent le chef libéral.
«Si Jean Charest ne voulait pas d'élections, il avait juste à faire ce que tout le monde lui disait : s'occuper de l'économie et éviter cette élection inutile. C'est lui qui a pris la décision d'envoyer le Québec en élections. Les devoirs de transparence qui viennent avec, il doit aujourd'hui s'y soumettre», a lancé le chef de l'ADQ, sur la terrasse du Musée des civilisations à Gatineau.
Mario Dumont a répété que le Parti libéral et Jean Charest se croyaient au-dessus de tout le monde. «Le Parti libéral lance une campagne que personne ne veut, il se voit au-dessus de tout le monde, il ne sent pas le besoin de s'excuser quand il commet des maladresses jusqu'à temps de voir à quel point les reportages sont négatifs. Et là, après s'être vus au-dessus de tout le monde, au-dessus de la nécessité de voir les chiffres, ils sont rendus au-dessus du consortium des médias.»
La chef du PQ, Pauline Marois, juge quant à elle que Jean Charest fait des caprices. «Le consortium nous a proposé un débat qui nous convient parfaitement, a dit la meneuse souverainiste. Je crois qu'il convient aussi parfaitement à l'ADQ de Mario Dumont, a-t-elle poursuivi. (...) M. Charest refuse-t-il de débattre? Ou est-ce qu'il ne veut pas lui-même de débat?»










