La journée de mardi a donné lieu à plusieurs rebondissements dans cette histoire. L'âme dirigeante du collectif d'humoristes, David Lemelin, s'est fait mettre en demeure, au cours de la matinée, de faire disparaître la parodie, sous peine que M. Nadeau perde l'investiture qu'il a remportée, dimanche, dans la circonscription de la région de Québec.
Visiblement sonné par les événements lorsque joint une première fois, Jacques Nadeau a reçu en soirée un coup de fil le confirmant représentant du PQ à l'élection du 8 décembre. Un stratège de la formation de Mme Marois a conclu au malentendu et nié la thèse de l'ultimatum.
Le pastiche circule dans Internet et sur le canal Vox depuis près d'un an. M. Nadeau y incarne un reporter au français mâchouillé qui demande à Mme «Mârois» pourquoi «vous êtes venue icitte pârler au vrai monde». Il ne dit que quelques phrases.
Une Pauline Marois qui ne sait pas aligner deux mots d'anglais sans les confondre se fait interroger par un journaliste anglophone, John, personnifié par David Lemelin. «I am capable of the battle n'importe qui, un homme or une femme», répond-elle avec un faux accent anglais.
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M. Lemelin a indiqué, mardi, qu'il a reçu un appel de la haute direction du Parti québécois. «Je suis vraiment hors de moi. C'est un sketch, c'est une caricature, c'est juste amusant», a lancé celui qui est aussi un membre de l'équipe de journalistes du Soleil.
«L'appel (reçu) est simple, a-t-il poursuivi. Tu retires la parodie ou Jacques n'est plus candidat. Moi et mon groupe, nous nous sommes parlé. Nous sommes solidaires. Il n'est pas question de retirer» la vidéo.
David Lemelin a plaidé que Prenez garde aux chiens se veut, en quelque sorte, un groupe «équitable. Nous frappons à gauche comme à droite. Nous fessons sur tout le monde», comme le démontrent les caricatures qu'ils ont faites du maire Régis Labeaume, du premier ministre canadien, Stephen Harper, ou encore du chef adéquiste Mario Dumont.
«C'est de l'humour, a-t-il tranché. À ce titre, même si c'est à temps partiel, M. Nadeau, c'est un artiste.»
«Jamais eu d'ultimatum»
En fin de journée, le porte-parole du Parti québécois, Manuel Dionne, a nié au Soleil qu'une quelconque menace ait été proférée. «Il n'y a jamais eu d'ultimatum.» Selon lui, il n'a pas été question d'évincer Jacques Nadeau de la candidature dans Montmorency.
Les organisateurs du PQ ont simplement demandé que la vidéo soit retirée pour qu'il n'y ait pas «confusion des genres» entre l'humoriste Nadeau et le politicien Nadeau, a fait valoir M. Dionne. «Mais il n'est pas seul dans cette affaire et il n'a pas le pouvoir de le faire.»
Le principal intéressé est apparu soulagé - «c'est en raison des sondages internes», a-t-il soutenu - par la tournure des événements.
«L'humour, ça humanise les politiciens, a-t-il insisté. Je suis en politique à cause de Mme Marois, a-t-il tenu à ajouter. C'est ma chef.»











