Plan nord de Charest: 19G$ de plus... entre 2015 et 2035

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Au port de Sept-Îles, Jean Charest s'est adressé aux médias accompagné des deux candidats locaux, Patrick Sullivan et Pierre Cormier.

La Presse Canadienne

Simon Boivin
Le Soleil

(Sept-Îles) Le Plan nord de Jean Charest propose d'investir 19 milliards $ entre 2015 et 2035 pour accroître la capacité énergétique du Québec. Une annonce mal reçue par un leader autochtone, mécontent du manque de consultation.

Le chef libéral a amorcé vendredi un sprint régional en dévoilant une partie de sa vision pour le développement du nord québécois. Devant quelque 150 personnes au port de Sept-Îles, il a partagé sa volonté de donner à Hydro-Québec le mandat d'augmenter de 3500 mégawatts sa puissance énergétique entre 2015 et 2035. Cette capacité équivaut à l'alimentation en électricité de 600000 foyers.

Hydro-Québec aurait l'obligation que 20% de cette énergie soit créé par de l'éolien, du solaire ou de nouvelles sources alternatives, comme les hydroliennes, qui génèrent de l'électricité par la force des marées.

«Les énergies propres et renouvelables, ça fait partie de l'ADN du Québec, a dit Jean Charest. On ne peut parler de qui nous sommes sans en parler.»

Ce volet du Plan nord s'ajouterait à la Stratégie de développement énergétique du Québec, dévoilée en 2006, qui vise la production de 4500 mégawatts d'ici 2015 au coût 31 milliards $. Jusqu'ici, 3000 mégawatts sont déjà identifiés, notamment par le projet des quatre barrages sur la rivière La Romaine, qui fera l'objet de consultations environnementales dans les prochaines semaines.

Vendredi, M. Charest a procédé à l'annonce d'une nouvelle turbine à SM3, un projet de 300 millions $, qui fait aussi partie de la stratégie annoncé en 2006.

«Manque de sérieux»

Interrogé après le discours de M. Charest, Georges-Ernest Grégoire, grand chef de Uashat Maliotenam, ne débordait pas d'enthousiasme. Il a déploré ne pas avoir été consulté pour le plan Nord et les projets qui ne se réaliseront «que si les autochtones sont d'accord». La démarche «manque de sérieux», selon lui, même s'il ne s'objecte pas à un certain développement énergétique du nord.

En mai, son conseil de bande a signé une entente de 175 millions $ avec Consolidated Thompson pour l'exploitation d'une mine de fer près de Fermont. En septembre, le grand chef a déposé des mises en demeure à l'aluminerie Alouette, au port de Sept-Îles et à au moins trois grandes minières.

Présente sur place, la députée de Duplessis, la péquiste Lorraine Richard, a jugé que le Plan nord des libéraux n'est que de la «poudre aux yeux». Elle a déploré une annonce pour des projets futurs, alors que le besoin immédiat est au niveau des routes. Elle rappelle que la 138, qui s'arrête à Natashquan, et la 389, vers Fermont, ont grandement besoin d'investissements.

Comme lors de la campagne de 2007, M. Charest a dû répondre à des questions sur la confusion des genres. Vendredi, le chef libéral a participé à l'inauguration du Quai de la relance au port de Sept-Îles, qui a bénéficié d'investissements du gouvernement du Québec, et à l'annonce d'une turbine supplémentaire à SM3, aussi un projet financé par des fonds publics.

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