Selon nos informations, au pouvoir, le Parti québécois de Mme Marois prévoit :
? un minimum de 50 millions $ pour bâtir un nouveau Colisée dont la structure sera surtout en bois;
? 65 millions $ pour prolonger la promenade Samuel-De Champlain, une piste de promenade le long du fleuve dont la conception a débuté sous un gouvernement péquiste;
? quelque 10 millions $ pour l'anneau de glace Gaétan-Boucher;
? 5 millions $ en vue de prolonger la vie du Moulin à images, du méga-artiste québécois Robert Lepage.
Les informations obtenues portent aussi sur des dossiers que Le Soleil n'a pu se faire chiffrer, en termes d'investissements.
La relance du développement du Mont-Sainte-Anne en fait partie. Sous le gouvernement péquiste de Bernard Landry, au début des années 2000, un plan faisait état de l'injection de 500 millions $ pour en faire un centre mondial de congrès, investissement sous la houlette, à l'époque, de la Société générale de financement.
Nos sources précisent qu'un appui sera donné à la réalisation de la NeuroCité, dans le quartier D'Estimauville, dans l'arrondissement Beauport. Il s'agit d'implanter un centre de pointe en biotechnologie dans le domaine de la santé.
Le transport en commun fait l'objet de promesses. Mme Marois s'engagera à développer des voies rapides pour les Métrobus, à aménager des stationnements incitatifs pour que les automobilistes prennent l'autobus et à favoriser le transport collectif entre les deux rives.
Selon nos informateurs, la chef du Parti québécois n'entend pas se montrer en reste avec ses adversaires, à l'occasion de sa première visite dans la capitale depuis le déclenchement du scrutin. Le libéral Jean Charest a dévoilé des engagements totalisant 135 millions $; l'adéquiste Mario Dumont, 120 millions $.
Pauline Marois largue ses annonces sur une région où elle n'a qu'une députée et où elle traîne de l'arrière sur les libéraux dans les sondages. Les sommes pour les promesses péquistes ressemblent comme copie carbone à celles du PLQ pour ce qui est du Colisée, de la promenade et de l'anneau Gaétan-Boucher.
Train de mesures pour les régions
Par ailleurs, Pauline Marois a profité de son passage, hier, à Saguenay, pour dévoiler un train de mesures sur le développement économique hors des grands centres urbains.
Un gouvernement du PQ ressuscitera deux programmes créés par Bernard Landry pour l'aide aux régions-ressources, a-t-elle indiqué. Un fonds de 500 millions $ pour le démarrage de PME, fonds financé partiellement par les redevances versées par Hydro-Québec, verra aussi le jour.
Les nouveaux engagements vont de la concertation régionale à la formation des travailleurs en passant par des «opérations de recrutement» des professionnels et des immigrants.
La promesse la plus visible porte cependant sur un plan de cinq ans pour diversifier l'économie régionale. Il ne faut «plus jamais (dire) qu'une bonne idée a été ?échappée? parce qu'un fonds de démarrage n'était pas disponible», a fait valoir Pauline Marois, sans donner d'exemples concrets.
L'argent que l'État offrira en subventions sera emprunté. Des redevances sur l'hydroélectricité, totalisant 50 millions $ en quatre ans, serviront uniquement à éponger les pertes des PME qui ne survivront pas. Le plan prévoit que 150 millions $ des 500 millions $ lanceront des entreprises appelées à faire faillite.
Mme Marois a indiqué qu'elle ranimera deux programmes que les libéraux de Jean Charest ont laissé s'éteindre à petit feu. Elle remettra en circuit les pactes ACCORD, bâtis sous le gouvernement Landry, où Mme Marois occupait le poste de ministre des Finances.
Les régions se sont vues confier un «créneau d'excellence» à développer pour attirer expertise et capitaux dans un domaine de leur spécialité. Pour le Saguenay?Lac-Saint-Jean, c'était la «vallée de l'aluminium».
La chef péquiste ravivera le programme de crédits d'impôt pour les régions-ressources, autre invention du gouvernement Landry. Elle a pris soin de préciser que le plan sera «ajusté». Certains, comme en Beauce, ont attaqué une mesure en plaidant qu'elle avait conduit au transfert d'emplois d'une région à l'autre. Un «effet pervers» que reconnaît le PQ.
L'offensive a été lancée en territoire conquis. Le Saguenay?Lac-Saint-Jean n'a que des députés péquistes. À son premier bain de foule, dans un centre commercial sur le boulevard Talbot, à Saguenay, Pauline Marois n'a rencontré que des visages heureux et des mains tendues.
À la FTQ, les leaders syndicaux de la région lui ont réservé un accueil qui contrastait avec la tiédeur manifestée par leur président national, Michel Arsenault. Président régional de la FTQ, Yvan Tremblay a écarté d'emblée l'ADQ de Mario Dumont, à cause du privé en santé. Son collègue Jean-Marc Crevier s'est dit satisfait «de la députation (péquiste) qui fait une bonne job».











