La chef du Parti québécois a haussé le ton, hier, à Québec, au matin d'un sondage Léger-Le Devoir qui confère aux libéraux une avance de 11 points de pourcentage sur ses troupes. Il s'agit d'un écart identique à celui rapporté par le sondeur CROP.
À l'occasion de deux points de presse qui n'étaient pas annoncés à son horaire, la leader péquiste a chargé le premier ministre et meneur des libéraux. «C'est Jean Charest qu'on juge, en ce moment», a-t-elle dit au sujet de l'appel aux urnes. «M. Charest essaie de faire notre procès. Je m'excuse, il est là (au pouvoir) depuis six ans.
«Jean Charest, c'est un désastre dans les hôpitaux du Québec, a-t-elle poursuivi. Il y a un boutte à toute à essayer de nous faire porter les responsabilités que lui doit porter complètement. Jean Charest a des comptes à rendre et il ne les rend pas. Il se défile.
«Jean Charest ment au monde», a-t-elle poursuivi du même souffle. «Il continue de mentir. Qu'il assume. Est-ce que c'est un impuissant, Jean Charest? Il avait pris un engagement (en 2003, de rétablir le système de santé). Il savait bien ce qui avait été fait avant (les retraites). C'est son bilan. Son bilan, à lui, n'est pas reluisant.»
À un journaliste, la chef péquiste a répliqué : «Je suis sur l'offensive, pas sur la défensive. J'en ai ras le bol» d'un adversaire qui la talonne parce qu'elle n'arrive pas à regretter les départs de milliers de professionnels de la santé pour venir à bout du déficit qu'avaient légué au péquiste Lucien Bouchard les libéraux de Robert Bourassa.
«Nous allons le faire, le bilan (de M. Charest), a promis la péquiste. On va regarder les heures d'attente (dans les salles d'urgence) qui sont encore plus élevées que celles qu'il avait promis de réduire à néant. Merci beaucoup! Ça suffit, les accusations de Jean Charest.»
Devant la Chambre de commerce de Québec, Pauline Marois s'en est prise au «mythe» voulant que «le gouvernement libéral, il connaît ça l'économie, il est bon; le gouvernement du Parti québécois, pas vraiment». Il s'agit d'une idée reçue, sans fondement au moment où la récession mondiale se rapproche de nous, a-t-elle suggéré à son auditoire de gens d'affaires.
«Faites les comparaisons, faites les analyses, a-t-elle lancé. Lorsque vous avez eu au pouvoir un gouvernement du PQ, le Québec a avancé, a progressé. Les emplois se sont créés.»
Mme Marois n'a pas voulu commenter le sondage, si ce n'est que pour se désoler qu'autant de Québécois affirment qu'ils ne voteront pas le 8 décembre. La péquiste a soutenu qu'elle n'entend changer ni de rythme ni de cap. «On a un maudit beau plan de campagne», a-t-elle commencé par dire. Mais il y a toujours de la place pour des modifications, a-t-elle admis. «On ajuste toujours (le tir). On est quand même capables de voir où il y a des ajustements à apporter.»











