En début de journée, à Montréal, le chef du Parti libéral du Québec a refusé de livrer le fond de sa pensée sur les tractations en cours pour renverser le conservateur Stephen Harper et le remplacer par un gouvernement de coalition, formé par les partis d'opposition et dirigé par le libéral fédéral Stéphane Dion.En fin d'après-midi, M. Charest a refusé de répondre aux journalistes lorsqu'il a été abordé, durant la visite d'une usine de transformation de la pomme, à Huntingdon, en Montérégie. «Les choses changent rapidement à Ottawa, s'est-il contenté de dire. Je ne commenterai pas les événements.»
En soirée, il s'est présenté dans le même état d'esprit dans la circonscription montréalaise de Crémazie, que les organisateurs libéraux jugent éminemment prenable - la péquiste Lisette Lapointe a été élue avec à peine 200 voix de majorité, en 2007.
Jean Charest a ri de bon coeur lorsqu'un journaliste lui a demandé si le néo-démocrate Thomas Mulcair pourrait faire un bon ministre de l'Environnement pour M. Dion. M. Charest a écarté M. Mulcair de l'Environnement quand ce dernier siégeait à Québec.
«Nous aurons l'occasion d'en reparler», a-t-il répondu, toujours avec le sourire, quand Le Soleil a voulu connaître ses impressions sur l'improbable accession au pouvoir de Stéphane Dion.
«Je souhaite que nous ayons devant nous le plus rapidement possible un gouvernement qui ait un agenda économique», a-t-il laissé entendre du bout des lèvres, en point de presse. «Je ne veux vraiment pas aller dans le débat d'Ottawa, a prévenu le premier ministre sortant du Québec. Je veux que l'on bouge sur le plan économique.»
Il a récupéré à son avantage la situation fédérale. «L'instabilité politique et l'instabilité économique font mauvais ménage» et Ottawa en fournit la preuve, selon lui.
«Pour la campagne que l'on vit, il faut tirer les bonnes leçons. Nous sommes dans la situation (au Québec) de faire des choix différents, le 8 décembre : nous permettre d'avoir de la stabilité politique dans un contexte d'instabilité économique et d'en sortir plus forts.»
M. Charest ne croit pas que les intérêts du Québec soient mis en péril par la situation. Il n'a pas voulu s'exprimer sur l'impact qu'elle peut avoir sur la préparation d'une rencontre fédérale-provinciale, prévue pour la mi-janvier, une première réunion de ce genre portant sur l'économie, a souligné le chef libéral.













