À quelques jours d'un scrutin qu'il a déclenché pour faire face au mauvais temps économique, le premier ministre libéral sortant s'est montré confiant que la tempête ne balaiera pas un grand nombre d'emplois au Québec.
«Nous nous battons pour que ce soit le moins (de pertes) possible», a commenté M. Charest, lors d'une entrevue accordée à bord de son autocar de campagne électorale. «Mais, ces affaires-là, ce n'est pas mesurable» à l'avance, a-t-il admis. «Ça va dépendre comment elles déboulent.»
Il s'est réjoui de la publication de statistiques économiques, hier. «Les chiffres d'emplois nous apprennent que nous résistons. Ailleurs, au Canada, il y a des pertes d'emplois massives.» Prudemment, il a reconnu «qu'un mois ne fait pas l'année».
Le libéral jure qu'il n'a pas esquissé les contours d'un plan de sauvetage, si la situation dégénère. «Je ne veux pas me rendre là. J'espère que non.»
En fait, il se refuse à envisager une telle extrémité. «Ce que je veux, c'est agir aujourd'hui pour justement éviter de se rendre au point où il faut faire des mesures encore plus fortes.»
Grands travaux
Selon lui, les gouvernements d'ailleurs dans le monde misent tous sur des travaux qu'ils financent pour stabiliser leur économie. Ils se disent «qu'en agissant ensemble, nous pouvons donner un électrochoc à l'économie pour repartir la roue».
Jean Charest est revenu avec l'argument que le Québec dispose de l'avantage «d'avoir commencé avant les autres les programmes» de construction ou de rénovation des infrastructures. Il n'a pas manqué non plus de se présenter comme l'initiateur du sommet sur l'économie qui abordera ce sujet, à la mi-janvier.
Cette rencontre de Stephen Harper avec ses homologues des provinces sera l'occasion de mettre de la pression sur Ottawa au sujet du système de répartition de la richesse entre les provinces. M. Charest a confirmé qu'il veut bloquer les changements proposés par le gouvernement conservateur qui priveraient le Québec d'un milliard de dollars, l'an prochain.
En ces temps difficiles, il est hors de question de se rendre aux demandes des syndicats qui veulent un réinvestissement dans les services publics. «Nous ne voulons pas créer de déséquilibre structurel permanent. Le ralentissement économique ne sera pas permanent. Nous voulons demeurer dans le registre des gestes ponctuels.»
«Dans les services publics, nous sommes pas mal bien pourvus», a insisté le chef du Parti libéral du Québec. Santé, services de garde, assurance parentale, a-t-il donné comme exemple, «nous sommes de tous les gouvernements en Amérique du Nord le plus impliqué dans les services publics».
La politique de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite est durablement installée, a-t-il suggéré. Il a vanté l'approche de son gouvernement. «Il doit y avoir 4000 fonctionnaires de moins, des économies récurrentes d'un milliard de dollars.»
«Nous l'avons fait de manière méthodique, sans casser le système», a-t-il glissé en allusion aux coupes en santé dans les années 90. «S'il est une chose que je repousse, c'est de gérer un pied sur le frein, puis un pied sur l'accélérateur.»
Il a pris garde de répondre que le gouvernement qu'il dirigera s'inspirera de l'Ontario qui veut plafonner les salaires de ses employés. «Nous ne sommes pas au même endroit que l'Ontario dans nos négociations. Nous voulons une négociation fondée sur la confiance.»
M. Charest a cependant admis que tout n'est pas lisse de ce côté. «Certains syndicats se sont retirés de la table. Nous espérons que c'est temporaire.»











