«C'est une campagne qui s'est bien passée», a simplement constaté celui qui a accédé au poste de premier ministre en 2003. «J'ai devant moi un plan de campagne et une proposition où je suis en phase avec le Québec, a-t-il assuré.
«En 2007, le contexte était très différent. En termes de vision pour l'avenir, je ne sentais pas que les choses étaient aussi avancées que pour 2008.»
Le chef libéral n'a pas nié qu'il y a un an et demi, son entourage l'a gardé davantage dans une bulle partisane. Comme il l'a confié récemment à l'animatrice Christiane Charrette, «j'étais plus défensif».
C'est dans son quartier général mobile, à bord de l'autobus qui le conduit à travers la province, que M. Charest a accordé un entretien au Soleil. Confortablement installé dans un fauteuil, un chandail jeté sur les épaules, le politicien est apparu fort détendu à quatre jours du test électoral.
«Pendant toute la campagne, j'ai été parfaitement heureux. Cela a été une campagne positive. (...) La campagne de 2008 a été mieux préparée que 2007», a-t-il confessé.
M. Charest a précisé que 2007 s'est fait sur l'erre d'aller du premier mandat obtenu en 2003. «Cette fois, j'ai changé de vitesse comme le Québec a changé de vitesse.»
Il a enchaîné en faisant valoir que, cette fois, «nous avons devant nous une tempête économique, Comme chef et premier ministre, j'ai un plan et une vision à proposer. Ce ne sont pas toutes les campagnes qui se prêtent à cela.»
M. Charest a été interrogé la journée même où Le Soleil a publié un sondage donnant sa formation politique largement en avance sur ses adversaires du Parti québécois et de l'Action démocratique du Québec. Le libéral ne veut jamais commenter les enquêtes d'opinion. En mars 2007, il avait répondu au Soleil qu'il était convaincu que les coups de sonde n'étaient pas fiables au Québec.
Il a cherché dans sa mémoire pourquoi il avait exprimé cet avis. «Les sondages devaient pas être tellement bons», a-t-il blagué.
M. Charest n'a pas commenté l'enquête d'hier. Il a fait valoir qu'il s'agit d'un outil dont se sert le PLQ. Il a suggéré qu'il doit être manipulé avec soin. «Les sondages ne sont pas toujours bien utilisés. Je n'aime pas qu'ils servent à toutes les sauces. Une chose à laquelle il faut faire attention, dans les courses à trois (PLQ, PQ et ADQ), les configurations peuvent changer les résultats de façon imprévisible. Et avoir un effet différent, de région en région.»


















