Les bons coups de Charest selon...
Gilles Parent «Il est sans doute celui qui a le plus la stature d'un chef de gouvernement. Il est solide, maîtrise ses dossiers et est secondé d'une bonne équipe de communication. Il a été très disponible durant la campagne. On souhaiterait qu'il le soit autant après.»
Pierre Dolbec «Il a développé une attitude à bien gérer sa campagne. Considérant ce qu'on a vécu au cours des dernières semaines (crise économique et crise politique à Ottawa), son thème de l'économie est un bon coup. Il l'a martelé sur une base régulière avec un calme désarmant et une assurance rassurante pour les gens.»
Jean-Pierre Ménard «Le seul bon coup que je vois, c'est au niveau stratégique. Il a réussi à éviter de faire le bilan de sa propre administration. Le débat ne s'est pas centré sur les actes de son gouvernement, mais sur ceux de ses prédécesseurs, le PQ. Sans contredit, c'est son meilleur coup.»
Gilles Lesage «Il a eu le flair de faire appel au peuple avant la tempête économique appréhendée. Ce qui se passe à Ottawa lui donne raison. Ça lui permet de faire ressortir le besoin d'un gouvernement majoritaire stable.»
Égide Royer «Il a annoncé une mesure concrète : embaucher 1000 professionnels, psychologue, psychoéducateurs et orthophonistes pour aider les élèves en difficulté.»
Jean-François Dumas «Il a gagné la bataille médiatique. Des trois dernières campagnes, c'est le meilleur dosage de dynamisme, d'agressivité, de ses qualités et de ses défauts. Il a réussi à mettre son bilan à l'abri. Il n'a jamais occupé autant d'espace médiatique accordé aux chefs, 41,6 % , comparativement à 37 % en 2007 et à 39 % en 2003.»
Les mauvais coups de Charest selon...
Gilles Parent «Il a déclenché des élections dont personne ne voulait. En survolant son programme, on a du mal à trouver des éléments qu'il n'aurait pas pu réaliser dans un gouvernement minoritaire. Son message sur les travers de ses adversaires envoyait un signal négatif.»
Pierre Dolbec «La mauvaise gestion de la question de la Caisse de dépôt et placement. Il a eu l'air coincé, démuni. Il a mal managé l'environnement médiatique autant pendant qu'après. C'est le seul sujet sur lequel il s'est fait prendre durant la campagne.»
Jean-Pierre Ménard «Quoi que M. Charest en dise, le système de santé n'a pas beaucoup évolué depuis six ans au chapitre de la pénurie de personnel et des délais d'attente. On ne peut plus imputer ça au départ forcé d'il y a 10 ans sous le règne du Parti québécois.»
Gilles Lesage «Charest ?Téflon? sur lequel rien ni personne ne semble coller. Émule de Robert Bourassa en plus populaire. Maître de l'esquive qui refuse de répondre aux questions légitimes et aux inquiétudes concernant notamment notre bas de laine à tous, la Caisse de dépôt et placement.»
Égide Royer «Perpétue la croyance que la réduction du nombre d'élèves par classe est la principale solution pour augmenter le taux de réussite des jeunes. S'il y a 100 millions $ à mettre pour y parvenir, ce n'est pas là-dedans qu'il faut investir en priorité.»
Jean-François Dumas «La gestion médiatique de la crise de la Caisse de dépôt et placement, c'est sa pelure de banane. Il a perdu l'agenda médiatique. Les apparences laissent croire qu'il cachait des choses.»
Les bons coups de Marois selon...
Gilles Parent «C'est une femme d'expérience avec tous les ministères qu'elle a gérés durant sa carrière. Elle a l'audace de faire fi des critiques quant à son image de snob.»
Pierre Dolbec «Elle a réussi à mal faire paraître Jean Charest pendant le débat. Elle a amené des sujets qui ont su le déstabiliser. Ça lui a donné une assurance qu'on ne lui avait pas vue au début de la campagne. Avant le débat, elle marchait sur une douzaine d'oeufs. Après, on la sentait plus sereine et plus humaine. C'est elle qui a mené la meilleure campagne dans les derniers milles.»
Jean-Pierre Ménard «Un médecin pour chaque citoyen. C'est une idée simple, mais qui plaît. Un bémol : jusqu'où peut-on aller dans le contexte de la pénurie?»
Gilles Lesage «Sa performance remarquable au débat des chefs. S'il y a quelqu'un pour qui le débat était important, c'est elle. Dépouillée de ses bagues et de ses bijoux de grande dame, elle avait une allure dynamique, des réparties vives et énergiques à souhait.»
Égide Royer «Son intention d'intervenir le plus tôt possible avec les agences de service de garde et de services sociaux pour dépister dès la petite enfance les élèves en difficulté. Si quelqu'un met ça dans son programme, on est obligé d'applaudir.»
Jean-François Dumas «Son bon coup, c'est de ne pas avoir pris de clos en début de campagne. Elle a écopé l'eau de son bateau. Le parti était miné de toutes parts. Cependant, elle n'a pas été ébranlée par ce début de campagne chaotique. C'est spectaculaire. Pour l'espace médiatique, elle a fait aussi bien qu'André Boisclair en 2007, à 29 %, mais moins que Bernard Landry en 2003, à 34 %.»
Les mauvais coups de Marois selon...
Gilles Parent «Sa fameuse déclaration durant le débat : ?J'ai les mains attachées avec le mouvement souverainiste.? En fait, j'hésite entre la mettre dans la catégorie des gaffes ou des bons coups. Cette déclaration est maladroite, certes, mais elle a le mérite de nous dire où Mme Marois campe avec cette option.»
Pierre Dolbec «Elle se présente avec l'idée de la souveraineté, mais elle n'en a pas parlé. Seulement lorsqu'on lui posait la question. Autant elle a été bonne dans ses attaques contre Charest, autant elle a été faible dans la présentation du programme de son parti. C'est une faiblesse majeure.»
Jean-Pierre Ménard «Elle a accrédité la stratégie de M. Charest en passant beaucoup de temps à se défendre sur le bilan de ses années passées au gouvernement. À ce sujet, elle avait un message équivoque. Elle disait ne pas regretter d'avoir mis des milliers de médecins et d'infirmières à la retraite, mais qu'elle ne le referait plus.»
Gilles Lesage «Depuis le débat, elle se lance dans la bagarre avec les gars, y compris avec les gros mots et les insultes à l'avenant. Elle a traité Jean Charest de ?baveux?. Elle essaie d'être populiste, et ça ne lui va pas. Je l'ai suivie toute sa carrière et je ne l'ai jamais entendue dire des choses pareilles. Sans oublier son appui étrange au putsch de ses alliés du Bloc à Ottawa.»
Égide Royer «Manque de conviction des moyens à prendre pour l'intégration des élèves en difficulté. Le parti veut fixer un quota du nombre d'enfants en difficulté dans les classes ?normales?. Ce n'est pas clair. Il y a un flou artistique dans la démarche.»
Jean-François Dumas «Elle n'a pas été capable d'exploiter une faille solide dans le bilan du gouvernement sortant et à l'égard de l'ADQ.»
Les bons coups de Dumont selon...
Gilles Parent «Sa performance au débat. Il est le seul à avoir pu faire passer des éléments de son programme, pendant que les autres se chamaillaient sur leur bilan respectif.»
Pierre Dolbec «Il a mis Jean Charest sur la touche lorsqu'il l'a attaqué sur la dette du Québec au débat des chefs. Il l'a sonné d'aplomb. C'est son coup d'éclat de la campagne. M. Charest ne l'a pas vu venir et il a été incapable de réagir.»
Jean-Pierre Ménard «C'est l'ADQ qui a sorti des chiffres sur les délais d'attente sous le gouvernement Charest. C'est M. Dumont qui a fait les critiques les plus senties sur le bilan du gouvernement Charest. Il a réussi à souligner que le système avait peu évolué.»
Gilles Lesage «Il a eu la sagesse de diminuer les attentes et de se rétrograder gentiment en deuxième opposition plutôt que de faire mine de se lancer sur les banquettes ministérielles. Ça demande beaucoup d'humilité.»
Égide Royer «Recentrer les écoles sur leurs missions. En faire des milieux de vie privilégiés dans la communauté. Miser sur le sentiment d'appartenance. Seul bémol : l'abolition des commissions scolaires pourrait rendre difficile la gestion des services spécialisés, surtout dans les petites écoles.»
Jean-François Dumas «L'ADQ a fait un grand ménage dans son parti depuis 2007. Résultat, personne n'a dit de choses stupides sur les femmes, sur les gais ou sur les Noirs. Aucun candidat n'a fait d'écart majeur, même s'ils ont pris plus de place que pendant la campagne précédente.»
Les mauvais coups de Dumont selon...
Gilles Parent «Sa maladroite sortie sur le bilan de la Caisse de dépôt. En émettant de possibles coupures dans les chèques de pension de vieillesse, il a insécurisé des milliers de personnes âgées.»
Pierre Dolbec «Sa hantise à vouloir faire peur aux personnes âgées avec de possibles coupures dans les pensions de vieillesse. Aussi, la façon dont il a frappé sur les assistés sociaux, en disant vouloir les remettre au travail. Il faut penser que beaucoup de travail a été fait pour les réintégrer. C'est comme s'il oubliait que les statistiques sont à la baisse depuis 10 ans.»
Jean-Pierre Ménard «Je ne pense pas que le privé est une voie d'avenir dans le domaine de la santé. Et le public ne répond pas favorablement à ce contexte.»
Gilles Lesage «Le roi de la clip, de la capsule, de la phrase médaille comme mode de pensée. De la gomme à mâcher pour le cerveau. Il a le goût de faire peur au monde. Par exemple, il joue au Bonhomme Sept Heures avec des sujets sensibles comme les coupures dans les pensions de vieillesse.»
Égide Royer «Le retour aux classes spéciales pour les enfants en difficulté au primaire nous ferait reculer de 25 ans. C'est prouvé qu'un enfant de six ans doit apprendre avec un autre enfant de six ans, peu importe son niveau d'apprentissage. C'est plus stimulant pour l'enfant en difficulté. Ça le tire vers le haut.»
Jean-François Dumas «Contrairement à 2007, où il a marqué des points avec son idée d'abolir les commissions scolaires et le dossier des accommodements raisonnables, il n'a pas réussi à marquer de but avec la gestion de la Caisse de dépôt et la privatisation d'Hydro-Québec. Ça n'a pas rapporté. Il est comme un marqueur de 50 buts en disette.»










