Le PLQ affiche un bilan mitigé à Québec

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Éric Moreault
Le Soleil

(Québec) À première vue, les libéraux se sont présentés devant les électeurs de la Capitale-Nationale avec un bilan glorieux, surtout sur le plan économique. Mais quand on y regarde de plus près, il se situe dans la moyenne, sans plus.

Au niveau national, en basant sur la plate-forme de 2003, le Parti libéral du Québec (PLQ) a réalisé 60 % de ses promesses durant son premier mandat, explique François Petry, professeur de science politique à l'Université Laval. Le Parti québécois avait précédemment obtenu une note de 75 %, mais sur deux mandats (1994 à 2003).

Des résultats étonnants? Dans les démocraties occidentales, le taux varie entre 60 % et 80 %, «ce qui va à l'encontre de la perception de l'homme de la rue à l'effet que les politiciens mentent», souligne M. Petry. Il n'a pas fait l'exercice spécifiquement pour la région, mais la proportion doit sensiblement être la même. De toute façon, la chose n'a rien d'une science exacte. Com­me le dit si bien M. Petry, évaluer les promesses, c'est un labyrinthe dont on ne sort jamais.

Les libéraux ont beau égrener une longue liste de réalisations (autoroute Robert-Bourassa, Palais Montcalm, équipements sportifs, aéroport Jean-Lesage, rivière Saint-Charles, etc.), ils s'agit des réalisations normales d'un gouvernement et ils ne peuvent en prendre tout le crédit. Souvent parce qu'un gouvernement précédent a planté le germe d'un projet qui éclot sous le suivant.

Le meilleur exemple en est certainement la promenade Samuel De Champlain, dont les deux partis se disputent la paternité. Au point où le PLQ a délaissé le reste des projets, estime Réjean Pelletier, un collègue de M. Petry. Pour attirer les électeurs, «ils auraient eu intérêt à livrer la marchandise, mais ils ont trop misé sur le 400e de Québec, même si c'est un succès. Il manquait un porteur de ballon pour les autres projets (le SuperPEPS, l'Hôtel-Dieu, etc.). Ils auraient eu intérêt à ne pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier et à ne pas avoir qu'un seul panier.»

Conseil des ministres

Selon M. Pelletier, la faible représentation de Québec au conseil des ministres a nui, de même que le manque de crédibilité de Sam Hamad. Les choses ont changé avec l'arrivée de Philippe Couillard, mais il était trop occupé comme ministre de la Santé pour pousser les dossiers de la région.

Québec éclipse Montréal

Québec est la reine de la campagne électorale et la bataille pour son trône sera significative lundi soir. La cour frénétique des chefs auprès des électeurs se traduit par un impact médiatique imposant, au point où Québec éclipse totalement Montréal.

Jusqu'à maintenant, Québec obtient 9,11 % du poids médiatique alors que Montréal doit se contenter de 0,59 %. En fait, c'est plus que tout l'espace occupé par Montréal, l'environnement et la culture réunis.

À l'élection provinciale précédente, en 2007, les déclarations à propos de la capitale occupaient 7,44 % de l'espace médiatique contre 0,40 % pour la Métropole. On observe des résultats semblables pour la campagne fédérale récente.

«Montréal est devenu un mot tabou dans la bouche des politiciens», observe Jean-François Dumas, le président d'Influence communication, qui a compilé les résultats. Bien sûr, les très nombreuses présences des chefs dans la région influencent le résultat, notamment celles de Mario Dumont.

«Partout au Québec, Pauline Marois a plus d'espace que M. Dumont, sauf à Québec où il a beaucoup plus de couverture de presse», signale M. Dumas. Au niveau national, le chef de l'ADQ arrive au troisième rang du poids médiatique, deux points derrière Mme Marois, du PQ, alors que dans la région, il devance cette dernière par 5 %. Le libéral Jean Charest le distance toutefois de 5 %, avec 38 % du poids médias.

La chicane

N'allez pas croire pour autant que toute cette agitation médiatique traduit pour autant de grands débats sociaux sur les enjeux primordiaux pour l'avenir du Québec. En effet, la discorde, la chicane et autres tirs de boue dominent le palmarès des sujets traités, avec 23,74 %. «C'est rendu un gros show de téléréalité, qui pourrait s'intituler Occupation triple, observe M. Dumas.

Et l'économie, vous demandez-vous avec anxiété, qui a «poussé» Jean Charest à déclencher des élections? Elle arrive au deuxième rang avec 21,27 % de la couverture. L'honneur est sauf.

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