L'ADQ hors combat, Charest est la vraie menace, estime Marois

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L\'ADQ hors combat, Charest est la vraie menace, estime Marois

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Pauline Marois a conclu le dernier point de presse de la campagne en lançant un appel à la mémoire des Québécois, qui ont fait reculer de peine et de misère le gouvernement Charest majoritaire sur des questions comme le Suroît ou le Mont Orford.

Reuters

Julie Lemieux
Le Soleil

(Terrebonne) Pauline Marois considère que l'ADQ n'est pas une menace pour son parti. La chef du Parti québécois soutient que la lutte se jouera plutôt entre les péquistes et les libéraux, qui pourraient d'ailleurs avoir une surprise lors du dépouillement des votes, a-t-elle avancé.

Même si les sondages ne lui prédisent pas une victoire, Pauline Marois garde toujours espoir de devenir la première ministre du Québec, demain. Selon elle, Jean Charest tient les Québécois pour acquis et pourrait bien avoir des surprises. Car la chef péquiste a l'impression que les électeurs ne voudront pas prendre le risque de renouer avec «l'arrogance et les mensonges» du premier ministre.

À son avis, l'ADQ est désormais hors combat. «Je crois que réalistement, il apparaît qu'il y a deux formations politiques qui sont capables de former le prochain gouvernement», a-t-elle avancé, en répondant un «non» catégorique lorsqu'un journaliste lui a demandé si ce parti était une menace pour le PQ.

Devant une foule déchaînée d'environ 400 militants à Terrebonne, Mme Marois s'est de nouveau attaquée avec virulence à Jean Charest. Cette fois, la chef péquiste a dénoncé le manque de vision du premier ministre. Dans une entrevue au Soleil, samedi, M. Charest a indiqué qu'il n'avait pas élaboré de plan d'urgence pour faire face à la crise financière.

«Il dit qu'on n'a pas vraiment une tempête économique devant nous. On n'en a tellement pas qu'on ne présentera pas de plan d'urgence. Il nous a amenés en élections parce qu'il pensait qu'il allait venter fort et qu'on allait devoir agir rapidement. Il ne voulait pas avoir trois mains sur le volant. Et maintenant, il dit : non, ça va bien aller, on ne présentera pas de plan d'urgence! Il nous prend pour qui Jean Charest?» a-t-elle lancé.

Mme Marois s'est aussi insurgée contre le fait que le premier ministre a reconnu que le Québec pourrait obtenir un milliard de dollars supplémentaires si les règles de la péréquation demeuraient les mêmes. «Sa ministre des Finances a écrit un communiqué pour nous planter sur cette question et tout d'un coup, il se rend comte que nous avions raison sur le milliard de dollars. Il me semble que si on veut lutter contre le cynisme en politique, la meilleure façon, c'est d'élire un parti qui va parler vrai.»

À son avis, le premier ministre demande aux Québécois de signer un contrat de quatre ans en espérant que les gens n'iront pas lire «les petites clauses» de bas de pages. «Nous ne sommes pas obligés de le subir pendant quatre ans», a-t-elle affirmé aux militants. Mme Marois a demandé à tout son monde de travailler sans relâche pour convaincre les Québécois d'aller voter demain. Car selon elle, l'histoire politique du Québec démontre que le PQ a pu former le gouvernement à chaque fois que le taux de participation était élevé.

La chef péquiste a en outre vanté les mérites de son équipe, un mélange d'expérience et de jeunesse, a-t-elle soutenu. Elle a aussi assuré qu'elle était sereine au terme de cette campagne parce qu'elle a été franche et honnête avec les électeurs. Une franchise qui lui joue parfois des tours, a-t-elle toutefois admis.

«Il faut que vous me croyiez, je me sens bien dans ma peau. Je suis contente de la campagne qu'on a menée. J'ai été très franche tout au long de la campagne. Vous le savez, parfois ça me nuit de l'être. Mais je crois que ça ne me nuit jamais en bout de piste. Je me sens confiante, un peu fatiguée, mais pas tant que ça. Mes marches me donnent de l'adrénaline!» a-t-elle dit aux journalistes.

Souvenirs douloureux

Mme Marois a conclu le dernier point de presse de la campagne en lançant un appel à la mémoire des Québécois, qui ont fait reculer de peine et de misère le gouvernement Charest majoritaire sur des questions comme le Suroît ou le mont Orford. «À quel prix l'a-t-on fait reculer? Les gens ont dû manifester, sortir dans la rue avec des blessures qui sont restées. Je fais appel à la mémoire des Québécois. C'était l'arrogance incarnée et il recommence avant même d'avoir fini la campagne. Il faut avoir un peu de mémoire, parce que c'est de l'arrogance et du mensonge. Ça m'inquiéterait de choisir un chef d'État qui a cette attitude-là.»

La chef du PQ a indiqué que si elle pouvait revenir quelques semaines en arrière, elle se méfierait davantage de Jean Charest, qui a pris les partis politiques par surprise en préparant le déclenchement du scrutin dans le dos de tout le monde, y compris des citoyens et des journalistes.

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